ANGLE DOMINANT
Rome pèse le séisme électoral allemand à l'aune de l'alerte lancée par Romano Prodi sur une Union européenne finie si l'AfD s'impose, tout en retrouvant l'écho du parti chez les militants vannacciens.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La CDU de Friedrich Merz obtient 4,9 % en Mecklembourg-Poméranie, sous le seuil de 5 %, sortant pour la première fois de son histoire d'un parlement régional, son pire score depuis le 9 % de Brême en 1951
- 02
L'AfD arrive en tête avec environ 38,2 % des voix, devant le SPD (35,5 %) ; à Berlin, Die Linke conduite par Elif Eralp arrive en tête avec environ 25 %, devant la CDU (20 %) et l'AfD, troisième (13-15 %)
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Romano Prodi déclare au Sole 24 Ore : « Se l'AfD vince le elezioni tedesche l'Europa è finita », qualifiant le parti d'« antieuropeo », « nazionalista » et « razzista »
ANALYSE
Rome, 21 septembre 2026. La presse italienne traite le double scrutin allemand du 20 septembre moins comme une affaire intérieure à Berlin que comme un avertissement adressé à l'Union européenne tout entière. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'impose en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale avec environ 38,2 % des voix, devant le SPD (35,5 %), tandis que la CDU du chancelier Friedrich Merz s'effondre à 4,9 %, sous le seuil des 5 % : elle sort du parlement régional, une première dans les 81 ans d'histoire du parti, son pire score depuis le 9 % de Brême en 1951. Les Verts (5,7 %) entrent, mais ni Die Linke régionale (6,9 %) ni l'Alliance Sahra Wagenknecht (4,8 %) ne changent la donne face à un paysage dominé par l'AfD et le SPD. À Berlin, Die Linke, portée par l'avocate Elif Eralp, arrive en tête avec environ 25 % des voix, devant la CDU (20 %) et l'AfD, troisième force avec 13 à 15 %. Friedrich Merz a reconnu, à l'Adenauer Haus, ne pas pouvoir enjoliver le résultat du Mecklembourg, un désastre selon ses mots, mais a exclu toute démission : J'assume cette responsabilité, je veux faire avancer le pays, a-t-il déclaré, promettant de poursuivre ses réformes. Alice Weidel a aussitôt sommé le chancelier d'en tirer les conséquences, tandis que son coprésident Tino Chrupalla a rétorqué que ce n'était pas l'AfD qui réclamait un cordon sanitaire.
C'est surtout l'onde de choc européenne que la presse italienne met en avant. Dans une interview au Sole 24 Ore parue le jour du vote, l'ancien président du Conseil Romano Prodi juge que si l'AfD gagne les élections allemandes, l'Europe est finie, décrivant le parti comme antieuropéen, nationaliste et lié à une Allemagne qui, depuis la guerre en Ukraine, est aussi en passe de devenir la première puissance militaire du continent. La Repubblica souligne, par la voix de sa correspondante à Berlin, que la chute de la CDU ravive les spéculations sur l'avenir de Merz, entre hypothèse d'un gouvernement minoritaire et noms de successeurs déjà évoqués.
Le scrutin trouve aussi un écho domestique : à Orvieto, lors d'une convention proche du général Roberto Vannacci, des militants saluent l'AfD comme un parti frère appelé à remettre de l'ordre en Allemagne. À Berlin même, la candidate AfD Kristin Brinker relève que beaucoup d'Italiens ont voté pour son parti, en quête de plus de sécurité, plus d'ordre et d'une économie retrouvée.
SOURCES (4)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
