ANGLE DOMINANT
Madrid diseca la debacle de Friedrich Merz : au-delà du score record de l'AfD, la presse espagnole lit le double scrutin allemand comme une érosion irréversible du capital politique du chancelier.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La CDU obtient 4,9 % en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sous le seuil des 5 %, son pire résultat régional depuis 1949 et sa première exclusion d'un Landtag
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L'AfD atteint 38,1-38,2 % dans ce Land, contre 16,7 % en 2021, pratiquement doublant son score en quatre ans
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À Berlin, Die Linke remporte 25,4 % des voix avec sa candidate Elif Eralp, une première historique dans la capitale, devant la CDU (19,7 %) et l'AfD (15,4 %)
ANALYSE
Madrid, 21 septembre 2026. La presse espagnole lit le double scrutin régional allemand de dimanche 20 septembre 2026 comme un jugement d'abord adressé à Friedrich Merz, avant d'être une photographie de l'électorat allemand. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'impose avec 38,1 % des voix -- elle avait obtenu 16,7 % en 2021, souligne HuffPost España, qui parle d'un parti ayant « pratiquement doublé » son score. La CDU du chancelier tombe à 4,9 %, sous le seuil des 5 %, un résultat qu'ElDiario.es qualifie de « peor resultado de la historia » du parti dans un scrutin régional, et le pire depuis 1949 selon Reuters, cité par HuffPost España. Les conservateurs sont exclus du Landtag de Schwerin pour la première fois.
À Berlin, c'est Die Linke qui l'emporte avec 25,4 %, une première historique dans la capitale menée par l'avocate Elif Eralp, devant la CDU (19,7 %) et l'AfD, en forte progression à 15,4 %. La coalition sortante SPD-Die Linke y perd sa majorité, selon les projections relayées par HuffPost España.
Merz lui-même a reconnu le choc : « No podemos maquillar el resultado en Mecklemburgo-Pomerania Occidental, es un desastre », a-t-il déclaré, cité par ElDiario.es, ajoutant que « la confianza en las instituciones de nuestro país está decayendo » sous la pression des extrêmes. Le chancelier a néanmoins annoncé qu'il restait en poste, misant sur « firmeza, constancia y paciencia ». Le podcast économique d'Expansión relève que le Financial Times souligne, de son côté, que Merz « no dimite a pesar de la debacle de su partido ».
La presse espagnole insiste sur l'absence d'issue gouvernementale pour l'AfD : malgré sa victoire en Mecklembourg, les autres formations continuent de refuser toute alliance, laissant la sociale-démocrate Manuela Schwesig, créditée de 35,5 %, en position de conserver la présidence du Land. ElDiario.es avait anticipé, avant le vote, que ce scrutin menaçait de « pulvériser le peu de capital politique qui reste » à Merz, deux semaines après une défaite similaire en Saxe-Anhalt. C'est cette fragilité cumulée du chancelier, plus que le seul résultat brut de l'AfD, qui structure la lecture espagnole des deux scrutins.
SOURCES (3)
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
- ExpansiónMOYEN
