ANGLE DOMINANT
Belgrade retient surtout la mise en garde de Varsovie face à la percée de l'AfD, la Pologne redoutant que réarmement allemand et nationalisme ne forment un mélange dangereux
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon les projections citées par N1 Serbia, l'AfD arrive en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale avec 37,7 % des voix contre 35,5 % pour le SPD, la CDU restant à 5,2 %, tout juste au-dessus du seuil de 5 %
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La coprésidente de l'AfD Alice Weidel a déclaré que Friedrich Merz « doit tirer les leçons » de l'échec de son parti et abandonner le « mur de protection » empêchant toute coalition avec l'AfD
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Le ministre polonais des Affaires étrangères Radosław Sikorski a dit avoir vu les nationalistes polonais et les eurodéputés de l'AfD « manger dans la main l'un de l'autre » au Parlement européen, unis dans une « frénésie anti-UE »
ANALYSE
Belgrade, 21 septembre 2026. La presse serbe retient d'abord la réaction de l'AfD elle-même et celle de Varsovie face au vote de dimanche en Allemagne de l'Est, plus que le détail des urnes berlinoises. Selon les projections rapportées par N1 Serbia, l'Alternative pour l'Allemagne arrive en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale avec 37,7 % des voix, devant le SPD à 35,5 %, tandis que la CDU du chancelier Friedrich Merz plafonne à 5,2 %, tout juste au-dessus du seuil fatidique de 5 %. Un scrutin que Politika qualifiait, avant le vote, de « nouveau test » pour un chancelier dont la cote de popularité était tombée à 14 % dans les sondages.
La coprésidente de l'AfD, Alice Weidel, a immédiatement sommé Friedrich Merz de « tirer les leçons » de cet échec historique et d'abandonner le « mur de protection » qui interdit toute alliance avec son parti. Elle a averti que la CDU s'était affaiblie elle-même en refusant systématiquement de coopérer avec l'AfD, selon les propos rapportés par N1 Serbia.
Mais c'est la mise en garde venue de Pologne qui retient le plus l'attention de Politika. Le chef de la diplomatie polonaise, Radosław Sikorski, s'inquiète de la combinaison entre le réarmement allemand et la montée du nationalisme, évoquant une proximité troublante entre l'extrême droite polonaise et les eurodéputés de l'AfD, qu'il dit avoir vus « manger dans la main l'un de l'autre » lors de débats au Parlement européen, « unis dans cette frénésie anti-UE et anti-européenne ». Il relève aussi que le leader est-allemand du parti désigne sa région comme « l'Allemagne centrale », un glissement qu'il juge révélateur à l'égard de la Pologne voisine, lui-même originaire de Szczecin.
Le récit serbe insiste peu sur le détail du scrutin berlinois, où la Gauche devançait la CDU dans les sondages avant le vote, préférant la lecture d'un basculement historique côté est-allemand : la CDU y frôlerait son pire résultat régional depuis sa fondation. Blic rappelle que ce double scrutin survient deux semaines à peine après la « victoire choc » de l'AfD en Saxe-Anhalt, décrite par Angela Merkel elle-même comme un séisme, et que Berlin comme le Mecklembourg avaient déjà vu Merz affaibli par les percées du parti d'extrême droite en Basse-Saxe. Pour la presse serbe, l'enjeu dépasse la seule Allemagne : c'est la crédibilité du cordon sanitaire européen contre l'extrême droite qui vacille, à quelques semaines d'autres échéances électorales sur le continent.
