ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte la percée historique de l'AfD en Mecklembourg-Poméranie comme le signe d'une possible levée du « cordon sanitaire », pointant les appels du parti à la reprise des livraisons de gaz russe et à l'arrêt de l'aide militaire à Kiev, tout en notant que Berlin renforce en parallèle son dispositif anti-russe au sein de l'OTAN.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'AfD obtient 38,2 % des voix contre 4,9 % pour la CDU de Friedrich Merz, qui échoue pour la première fois de son histoire à entrer dans un Landtag (TASS).
- 02
À Berlin, Die Linke arrive en tête avec 25,3 % des voix, devant la CDU (environ 20 %) et l'AfD (environ 16 %), selon les résultats relayés par RT et Meduza.
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Le même week-end, le général allemand Carsten Breuer a été élu à la tête du comité militaire de l'OTAN, dans un contexte de réarmement allemand explicitement justifié par la nécessité de dissuader la Russie (RT).
ANALYSE
Moscou, 21 septembre 2026. Les résultats définitifs confirment un « tournant historique » : en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) recueille 38,2 % des voix, devançant les sociaux-démocrates (35,5 %), tandis que l'Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz s'effondre à 4,9 %, sous le seuil des 5 %. C'est, souligne TASS, la première fois dans l'histoire du pays que le parti conservateur est exclu d'un parlement régional. À Berlin, la Gauche radicale (Die Linke) arrive en tête avec 25,3 %, devant la CDU créditée d'environ 20 %, l'AfD progressant à 16 %.
TASS insiste sur la portée du scrutin pour la ligne de l'extrême droite : l'AfD, rappelle l'agence, « appelle à restaurer les liens avec la Russie, à lever les sanctions qui la visent et à reprendre les livraisons de gaz russe », tout en réclamant l'arrêt des fournitures d'armes à Kiev. La coprésidente Alice Weidel a sommé Friedrich Merz d'en « tirer les conséquences » et d'abandonner le « cordon sanitaire » excluant toute coopération avec son parti, l'accusant d'avoir précipité la défaite de la CDU et offert la victoire à Die Linke à Berlin.
Le chancelier, cité par RT, a qualifié le résultat mecklembourgeois de « désastre » tout en annonçant qu'il resterait à son poste. Un sondage Forsa relayé par TASS ne lui accorde plus que 10 % d'opinions favorables.
La presse russe met en regard un second dossier germanique du même week-end : l'élection du général allemand Carsten Breuer à la présidence du comité militaire de l'OTAN, présentée par RT comme la reconnaissance des « nombreuses mesures prises par l'Allemagne pour renforcer l'Alliance », selon le ministre de la Défense Boris Pistorius. Berlin, premier budget militaire d'Europe avec environ 125 milliards d'euros, poursuit son réarmement engagé depuis le « Zeitenwende » de 2022, justifié par la nécessité de dissuader la Russie. Meduza relève de son côté que la percée de l'AfD survient deux semaines après sa victoire en Saxe-Anhalt et que la CDU perd 7,8 points par rapport au précédent scrutin régional.
Pour la couverture russe, le contraste est net : un chancelier affaibli, une CDU historiquement écartée d'un Land, et une force politique en position de gouverner qui prône ouvertement la levée des sanctions et l'arrêt de l'aide militaire à l'Ukraine, quand la gauche radicale s'installe en tête à Berlin.
