ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un système allemand fissuré : l'exclusion inédite de la CDU du Landtag de Mecklembourg-Poméranie et la percée simultanée de l'AfD et de Die Linke à Berlin fragilisent un chancelier déjà miné par une impopularité record.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La CDU obtient 4,9 % en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sous le seuil des 5 %, une première dans l'histoire du parti selon RFI
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L'AfD y recueille environ 38 % des voix contre 16,7 % en 2021, un bond de plus de vingt et un points selon Le Monde
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À Berlin, Die Linke (environ 25 %) devance la CDU (20 %) et pourrait ravir la mairie avec sa tête de liste Elif Eralp
ANALYSE
Paris, 21 septembre 2026. Deux scrutins régionaux allemands, disputés dimanche à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, confirment aux yeux de la presse française l'effondrement de la CDU du chancelier Friedrich Merz et l'enracinement de l'extrême droite, deux semaines à peine après le séisme électoral de Saxe-Anhalt. Dans ce Land du nord-est, frontalier de la Pologne, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a recueilli environ 38 % des voix, contre 16,7 % en 2021, un bond de plus de vingt et un points selon Le Monde. La CDU, elle, s'effondre à 4,9 %, sous le seuil des 5 % requis pour siéger au Parlement régional. RFI y voit « une première dans l'histoire du parti chrétien-démocrate conservateur », qui contrôlait pourtant cette région depuis la réunification.
À Berlin, le second scrutin confirme la fragilité du chancelier sans offrir de répit à l'AfD. Die Linke, portée par sa tête de liste Elif Eralp, arrive en tête avec environ 25 % des voix, devant la CDU à 20 %, en position de lui ravir la mairie. L'AfD y progresse aussi, entre 13,5 % et 16 %, contre 9 % en 2023. France 24 résume : « les mauvaises nouvelles continuent de sortir des urnes pour le chancelier allemand Friedrich Merz ».
Dimanche soir, Friedrich Merz a lui-même parlé de « désastre », tout en écartant toute idée de départ anticipé. « Je prends cette responsabilité parce que je veux faire avancer notre pays », a-t-il déclaré, selon RFI, dénonçant une confiance dans les institutions « activement sapée par des partis radicaux de gauche comme de droite ». Le chancelier, au pouvoir depuis seize mois et miné par une impopularité proche de 90 %, avait annulé son déplacement à l'Assemblée générale des Nations unies pour gérer les répercussions du vote.
La presse française insiste sur la relance, par la codirigeante de l'AfD Alice Weidel, du débat sur le « pare-feu » qui exclut toute coalition avec son parti, consensus des formations traditionnelles que la percée électorale rend plus difficile à tenir. En Mecklembourg, c'est une alliance de gauche, autour du SPD de Manuela Schwesig, qui apparaît la mieux placée pour conserver l'exécutif régional, l'AfD restant écartée de tout gouvernement.
Ces deux scrutins s'ajoutent à la défaite du 6 septembre en Saxe-Anhalt, où l'AfD avait frôlé la majorité absolue et infligé vingt points de recul à la CDU. Pour Paris, où le couple franco-allemand reste la clé de voûte de l'architecture européenne, l'affaiblissement continu de Friedrich Merz interroge la capacité de Berlin à porter ses réformes économiques, alors que l'Allemagne reste engluée dans la stagnation.
SOURCES (9)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- L'ExpressMOYEN
- BFMTV InternationalMOYEN
