ANGLE DOMINANT
Buenos Aires dissocie la rhétorique de tribune du calcul des marchés : la presse argentine retient surtout le recul du baril après l'annonce d'une rencontre américano-iranienne à New York.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Brent est tombé à 98,91 dollars (-0,3 %) et le WTI à 89,93 dollars (-0,7 %) en Asie mercredi, après l'annonce d'une rencontre américano-iranienne jugée « muy buena » par Trump
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Selon Norman Powell (+Perfil), Trump a livré un discours d'environ 40 minutes en restant presque intégralement fidèle à son texte préparé, chose inhabituelle pour lui
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L'analyste Stephen Innes (Quintex Intel) estime que la réunion de trois heures déplace la cotation du marché d'une escalade pure vers un « processus diplomatique genuino »
ANALYSE
Buenos Aires, 23 septembre 2026. La presse argentine dissocie nettement les deux temps du discours de Donald Trump à la tribune des Nations unies. Sur +Perfil, dans l'émission Ronda de Corresponsales, le journaliste Norman Powell décortique les quarante minutes d'allocution, marquées selon lui par une fidélité inhabituelle au prompteur : « Trump en esta oportunidad no se salió casi de su texto en el teleprompter ». Le président américain a d'abord vanté son bilan intérieur — Bourse, pauvreté, immigration, criminalité — avant de consacrer l'essentiel de son propos à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, promettant qu'elle « va a terminar pronto », et au conflit opposant Israël et les États-Unis à l'Iran.
C'est sur ce dernier point que Clarín concentre son analyse, mais sous un angle résolument économique. Le quotidien rappelle que Trump a évoqué face à l'ONU une « decisión importante » : conclure un accord ou « arrastrar a Irán al infierno ». Quelques heures plus tard, il annonçait une rencontre « muy buena » de trois heures entre représentants américains et iraniens à New York, sans que l'article ne nomme les négociateurs. Mercredi, les cours du pétrole ont reculé en Asie : le Brent est tombé à 98,91 dollars (-0,3 %), le WTI à 89,93 dollars (-0,7 %), les deux contrats restant sous le seuil symbolique des 100 dollars franchi à répétition depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient en février.
Clarín cite l'analyste Stephen Innes, de Quintex Intel, pour qui cette réunion « desplaza al mercado de una cotización basada exclusivamente en la escalada hacia un proceso diplomático genuino, aunque un acuerdo definitivo aún parezca lejano ». Le journal rappelle aussi que sept mois après les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché le conflit, les parties restent dans l'impasse : Téhéran maintient fermé le détroit d'Ormuz, Washington poursuit son contre-blocus des ports iraniens.
Pour la presse argentine, l'écart entre la rhétorique menaçante de la tribune et l'annonce, presque simultanée, d'un dialogue relève moins d'une contradiction que d'un calcul assumé : la menace sert de levier, la rencontre sert de signal aux marchés. Aucun des deux articles ne mentionne l'incident diplomatique dans la salle ni le calendrier électoral américain.
