ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure d'un même souffle la flatterie et le risque : Donald Trump a salué le Premier ministre Shehbaz Sharif comme un « homme formidable » à la tribune de l'ONU, juste avant de menacer d'« anéantir » l'Iran, voisin direct du Pakistan par le Baloutchistan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a déclaré à l'ONU : « Or do I annihilate the Islamic Republic and do it quickly » face à l'alternative d'un accord, en prédisant un accord « right after the election » aux midterms de novembre
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Les forces armées iraniennes ont qualifié ces propos de « propaganda » et promis des frappes « crushing, and unpredictable » contre les agresseurs
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Trump a salué le Premier ministre Shehbaz Sharif comme un « terrific man » et crédité son intervention d'avoir aidé à mettre fin au conflit Pakistan-Inde de mai 2025, affirmant avoir « sauvé 30 million de vies »
ANALYSE
Islamabad, 23 septembre 2026. À la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi, Donald Trump a d'abord agité la menace la plus radicale : « anéantir » l'Iran si aucun accord ne met fin à la guerre au Moyen-Orient. « J'ai une grande décision à prendre », a-t-il lancé, opposant « l'anéantissement » à une « bien plus grande grandeur » pour Téhéran. Quelques minutes plus tôt dans le même discours, il avait salué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif comme un « homme formidable » et qualifié le Pakistan de « grand pays », rappelant son rôle revendiqué dans l'arrêt du conflit avec l'Inde en mai 2025, une intervention qu'il crédite d'avoir « sauvé 30 millions de vies ».
La presse pakistanaise, relayant largement les dépêches d'agence, relève que cette fermeté n'a pas empêché la reprise du dialogue : selon Trump, ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner ont tenu à New York une rencontre de trois heures avec une délégation iranienne, jugée « très bonne » et « très productive », une autre séance étant déjà programmée. Witkoff a évoqué des médiateurs ayant « fait la navette entre les deux camps toute la journée », espérant des échanges « constructifs et prometteurs ».
Les forces armées iraniennes ont balayé ces propos comme de la « propagande », promettant des frappes « écrasantes, imprévisibles » contre leurs agresseurs. Pour Islamabad, voisin direct de l'Iran par le Baloutchistan, cette rhétorique n'a rien d'abstrait : une reprise des frappes referait peser un risque de déstabilisation frontalière sur une région déjà fragile, sept mois après le début d'un conflit qui a fait, selon les dépêches reprises, des milliers de morts.
Business Recorder souligne aussi l'enjeu du détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux : un responsable iranien a affirmé que Téhéran pourrait le rouvrir aux navires du Golfe sous sept jours si Washington levait son blocus militaire et allégeait sa pression sur les ports iraniens. Le secrétaire d'État Marco Rubio a dit Washington ouvert à parler avec Téhéran « si cela peut mener à quelque chose de positif ». Trump, lui, a appelé à « l'isolement économique complet » de l'Iran tout en prédisant un accord « juste après l'élection », ses interlocuteurs devant selon lui « attendre de voir » son résultat aux midterms de novembre.
SOURCES (4)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Business RecorderMOYEN
