ANGLE DOMINANT
Madrid questionne la crédibilité de la menace d'« anéantissement », quand Pedro Sánchez juge le discours de Trump « non étayé par des faits et des données » et esquive sa réception à l'ONU.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a déclaré devant l'ONU devoir choisir entre un accord avec l'Iran ou « aniquilar a la República Islámica », estimant qu'un accord viendrait « justo después de las elecciones » (ElDiario.es)
- 02
Pedro Sánchez a jugé le discours de Trump « muy ideológico, no respaldado por hechos y datos », notamment sur le climat et l'Iran, lors d'une interview pour The Weekly Show with Jon Stewart (HuffPost España)
- 03
Sánchez a décliné la réception offerte par Trump aux chefs de délégation à l'ONU, invoquant des raisons d'agenda, dans un contexte de tensions sur les tarifs, les dépenses militaires, les bases espagnoles et Ceuta (Expansión, El Confidencial)
ANALYSE
Madrid, 23 septembre 2026. Devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi, Donald Trump a affirmé devoir choisir entre un accord avec l'Iran ou « anéantir » la République islamique, ajoutant croire qu'un accord viendrait « juste après les élections ». Pour la presse espagnole, la formule n'est pas seulement une menace : c'est un exercice électoral, prononcé six semaines avant les midterms, dans un discours plus court que celui de l'an dernier, trente minutes contre cinquante-sept, selon El País. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, présent à l'ouverture du débat général, a répondu sans détour. Interrogé pour The Weekly Show with Jon Stewart, il a jugé le discours de Trump « très idéologique, non étayé par des faits et des données », notamment sur le climat et sur la guerre en Iran, estimant que ces thèses ne sont pas « largement soutenues par de nombreux pays dans le monde ».
Cette distance verbale s'accompagne d'un geste protocolaire : Sánchez a décliné, pour raisons d'agenda selon son entourage, l'invitation à la réception offerte par Trump aux chefs de délégation, comme en 2024 et 2025. El Confidencial et Expansión y voient le symptôme d'une relation tendue de longue date : menaces tarifaires répétées contre l'Espagne pour son refus d'augmenter ses dépenses militaires, usage contesté des bases espagnoles pour les frappes contre l'Iran, et accusation portée par Trump contre la « faiblesse » du gouvernement de Madrid après l'arrivée de migrants marocains à Ceuta.
Sur l'Iran même, la presse espagnole relève le contraste entre la rhétorique du discours, Trump a invoqué l'union de l'ONU pour « anéantir » Téhéran, et l'annonce, minutes plus tard, d'une rencontre « très bonne » avec des représentants iraniens, menée par Steve Witkoff et Jared Kushner. ElDiario.es souligne que ce n'est pas la première fois que Trump brandit une telle menace : au printemps, un message sur Truth Social évoquant « effacer une civilisation » avait suscité une vague de condamnations, quand la sortie de mardi a surtout été lue comme une démonstration de force diplomatique à laquelle le reste du monde s'est habitué. El País relève enfin que la guerre en Iran, censée être brève, s'étire désormais sur sept mois, tandis que les rebelles houthis menacent d'élargir le conflit régional.
SOURCES (5)
- El Pais EnglishMOYEN
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
- ExpansiónMOYEN
- El ConfidencialMOYEN
