ANGLE DOMINANT
Ankara dissocie la menace d'anéantissement lancée à la tribune de l'ONU de la percée diplomatique qui a suivi : la presse turque retient surtout les conditions posées par Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Devant l'Assemblée générale de l'ONU mardi, Trump a déclaré : « vais-je anéantir la République islamique et le faire rapidement » faute d'accord avec l'Iran.
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Le 22 septembre, une rencontre de trois heures entre Steve Witkoff, Jared Kushner et des responsables iraniens a eu lieu à New York en marge de l'ONU, qualifiée de « très productive » par Trump.
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Selon la chaîne publique iranienne citée par BBC News Türkçe, Téhéran a posé trois conditions à la réouverture du détroit d'Ormuz : levée du blocus naval, dégel des avoirs iraniens et fin de la guerre sur tous les fronts.
ANALYSE
Ankara, 23 septembre 2026. La presse turque retient de la tribune new-yorkaise de Donald Trump moins l'incantation martiale que la mécanique diplomatique qui l'a suivie dans l'heure. Mardi, devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain a présenté comme sienne la décision d'« anéantir » l'Iran : « J'ai une grande décision à prendre. Va-t-on conclure un accord avec l'Iran qui lui permette de se reconstruire... ou vais-je anéantir la République islamique et le faire rapidement, sans jamais leur laisser la chance de tuer et de détruire à nouveau des peuples et des pays ? » a-t-il lancé, avant d'ajouter croire qu'un accord interviendra « juste après les élections » de mi-mandat du 3 novembre, les dirigeants iraniens attendant selon lui d'en connaître l'issue.
Daily Sabah relève que Trump a justifié la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran comme un moyen d'empêcher Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire, une ambition que la République islamique dément constamment.
C'est le compte rendu détaillé de BBC News Türkçe qui fixe l'angle turc : le même 22 septembre, une rencontre de trois heures s'est tenue en marge de l'ONU à New York entre émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, et responsables iraniens. Trump l'a qualifiée de « très bonne et très productive » sans préciser qui, côté iranien, y assistait. L'agence officielle iranienne IRNA a confirmé un entretien entre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l'émissaire américain Witkoff, précisant qu'il avait eu lieu « à l'insistance » de Washington. Selon la chaîne publique iranienne, relayée sur Telegram, l'objectif iranien était de transmettre les conditions d'une réouverture du détroit d'Ormuz : levée immédiate du blocus naval, dégel de l'ensemble des avoirs iraniens gelés, et fin de la guerre sur tous les fronts, y compris ceux de l'« Axe de la résistance ».
Cette clause sur Ormuz, par lequel transite une part critique du trafic pétrolier mondial, place la région dans une équation où la menace verbale et la négociation concrète progressent en parallèle. La Turquie, voisine directe de l'Iran et acteur régional exposé à toute instabilité du détroit, retient de cet épisode la confirmation qu'un canal de discussion existe bel et bien derrière la rhétorique de tribune.
