ANGLE DOMINANT
Jakarta mesure d'abord la menace d'« anéantir » l'Iran lancée par Trump à l'ONU, avant la reprise annoncée du dialogue avec Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a averti qu'il devrait choisir entre laisser l'Iran se reconstruire ou « anéantir la République islamique... sans leur laisser la chance de tuer et de détruire à nouveau des gens et des pays », selon CNN Indonesia citant Reuters.
- 02
Steve Witkoff et Jared Kushner ont mené côté américain une rencontre à New York que Trump a qualifiée de « très productive » avec les médiateurs iraniens, avec un accord espéré « juste après les élections de mi-mandat ».
- 03
L'ambassade d'Iran en Indonésie a publié une caricature comparant les États-Unis à une armoire de Schrödinger dont les assiettes, étiquetées sanctions, dette et guerres par procuration, menacent de s'effondrer.
ANALYSE
Jakarta, 23 septembre 2026. La presse indonésienne retient d'abord le mot qui a claqué mardi à la tribune de l'ONU : « anéantir ». Selon CNN Indonesia, citant Reuters, Donald Trump a averti qu'il pourrait détruire la République islamique « en un instant » faute d'accord mettant fin à la guerre qui oppose Washington et Téhéran depuis fin février. « Devrais-je anéantir la République islamique et le faire rapidement, sans leur laisser la chance de tuer et de détruire à nouveau des gens et des pays ? », a lancé le président américain, présentant ce choix comme une décision qui lui reviendrait seul.
Le même article rapporte que les négociateurs des deux pays se sont retrouvés le jour même à New York : l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner ont mené, côté américain, une rencontre que Trump a qualifiée de « très productive » avec les médiateurs iraniens, avant d'estimer qu'un accord pourrait aboutir « juste après les élections de mi-mandat ». Tempo English relève, citant DW, que Trump a aussi qualifié Téhéran de « bully of the Middle East » et lié son intransigeance aux attentats du 11-Septembre et à ceux du 7 octobre 2023 menés par le Hamas, soutenu selon lui par l'Iran.
Sur le terrain diplomatique à Jakarta même, l'ambassade d'Iran en Indonésie a répliqué par la satire, rapporte CNN Indonesia : une caricature publiée en indonésien compare les États-Unis à une armoire de Schrödinger, un empilement d'assiettes prêtes à s'effondrer, étiquetées hégémonie mondiale, sanctions, dette nationale, guerres par procuration et crédibilité en baisse. « De l'extérieur, tout semble solide. Mais derrière la porte fermée, les pressions s'accumulent », commente la légende.
La presse indonésienne suit aussi l'arrivée à New York du président iranien Masoud Pezeshkian, présentée comme un geste de défi : Washington a réduit le nombre de visas accordés à la délégation iranienne et interdit l'achat de biens de luxe à certains de ses membres, mais Pezeshkian doit prendre la parole à l'Assemblée générale mercredi. Pour Jakarta, la séquence illustre moins un basculement vers la paix qu'un rapport de force qui se poursuit, pendant que les deux camps maintiennent leur blocus naval et que les prix du pétrole restent sous tension depuis février.
