ANGLE DOMINANT
Mexico distingue la charge portée contre les cartels du volet iranien du discours de Trump à l'ONU, et confie au Sénat le soin d'en relativiser la portée.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a déclaré à l'ONU que « México es el epicentro de la violencia de los cárteles » et jugé inacceptable que les États-Unis partagent une frontière de 3 200 km avec un territoire « contrôlé par des cartels ennemis ».
- 02
Trump a revendiqué au moins 70 frappes contre des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique, ayant tué 234 présumés narcotrafiquants, en plus de l'opération contre Nicolás Maduro au Venezuela.
- 03
Le président du Sénat mexicain Higinio Martínez a qualifié les propos de « graves » mais estimé qu'ils ne devaient pas inquiéter, renvoyant au gouvernement fédéral le soin de répondre par la voie institutionnelle.
ANALYSE
Mexico, mercredi 23 septembre 2026. Du long discours prononcé mardi par Donald Trump devant l'Assemblée générale des Nations unies, la presse mexicaine retient surtout le passage qui la concerne directement : « México es el epicentro de la violencia de los cárteles ». Le président américain a jugé « inacceptable » que les États-Unis partagent une frontière de 3 200 kilomètres avec un territoire qu'il dit « contrôlé par des cartels ennemis », qu'il assimile, depuis leur classification en 2025 comme organisations terroristes, à des « ennemis de l'humanité ». Il a toutefois assuré entretenir une « excellente relation » avec le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum, affirmant que Mexico ne veut pas non plus des cartels.
Trump a mis en avant, dans la foulée, au moins 70 frappes menées dans les Caraïbes et le Pacifique contre des embarcations soupçonnées de trafic, ayant tué 234 personnes présentées comme narcotrafiquants, ainsi que l'opération menée plus tôt dans l'année contre Nicolás Maduro au Venezuela, présenté comme relevant de la justice américaine pour trafic de drogue.
Côté institutionnel, le président du Sénat mexicain, Higinio Martínez, du parti Morena, a qualifié les propos de « graves » mais estimé qu'ils ne devaient pas inquiéter, les jugeant conformes au « style » du président américain. Il a renvoyé au gouvernement fédéral le soin de répondre « par la voie institutionnelle », en attendant la position du chancelier mexicain à l'ONU, et écarté l'idée d'une rupture bilatérale, rappelant que la frontière commune reste un lien durable entre les deux pays.
Le même discours a aussi qualifié Cuba d'« État failli », provoquant le départ de la délégation cubaine et une réponse du chancelier Bruno Rodríguez dénonçant des « falsedades » et une « guerra económica ». Les articles mexicains consultés ne relient pas ce passage aux menaces prononcées contre l'Iran ni à l'annonce d'une reprise du dialogue avec Téhéran plus loin dans le même discours : la lecture mexicaine isole le volet régional, celui de la menace d'un recours à la force militaire en Amérique latine si Washington estime ses intérêts menacés, sans le raccorder au fil iranien qui domine la couverture internationale du sommet.
SOURCES (4)
- El FinancieroMOYEN
- El NorteMOYEN
- Vanguardia MXMOYEN
