ANGLE DOMINANT
Bruxelles décèle dans la volte-face de Trump entre menace d'anéantissement et reprise du dialogue avec Téhéran la preuve d'une diplomatie américaine erratique, ménageant des régimes autoritaires tout en brandissant l'anéantissement d'un État membre de l'ONU.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Trump a demandé : « un accord sera-t-il conclu avec l'Iran ? Ou est-ce que j'anéantis la République islamique (...) ? Est-ce que je les envoie en enfer ? »
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La rencontre irano-américaine à New York a duré trois heures, menée côté américain par Steve Witkoff et Jared Kushner ; une nouvelle séance est prévue « dans un futur très proche »
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Trump estime qu'un accord est possible après les élections de mi-mandat de novembre, où son parti risque de perdre le Congrès en raison du prix élevé des carburants
ANALYSE
Bruxelles, 23 septembre 2026. À la tribune des Nations unies, mardi, Donald Trump a résumé son dilemme sur l'Iran en une question restée dans les mémoires : « Est-ce que je les envoie en enfer ? » Il y présentait comme sien le choix entre un accord et l'anéantissement de la République islamique. Quelques minutes plus tard, il annonçait la reprise du dialogue avec Téhéran, révélée lors d'un point presse aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky. La presse belge retient d'abord ce grand écart. La Libre Belgique, dans un éditorial au ton sévère, y voit « un constat d'échec » : sept mois après le déclenchement de la guerre contre l'Iran, Washington en est réduit à espérer rétablir la situation antérieure, un détroit d'Ormuz « ouvert sans entrave à la navigation ». L'éditorialiste parle d'un fiasco retentissant « face à une puissance somme toute moyenne » et d'une économie mondiale « plongée dans le chaos ».
Sur le fond des discussions, La Libre rapporte que la rencontre à New York a duré trois heures, menée côté américain par Steve Witkoff — « je me sens très bien », a-t-il dit — et Jared Kushner, tous deux déjà présents lors des pourparlers interrompus en juin. Une nouvelle séance est annoncée « dans un futur très proche ». La DH note que, selon la télévision d'État iranienne Irib, Téhéran a communiqué lors de ces échanges ses conditions pour une réouverture du détroit stratégique, et que Trump lie désormais tout accord au calendrier électoral : un compromis serait envisageable après les élections de mi-mandat de novembre, où son parti risque de perdre le Congrès en raison du prix élevé des carburants.
La VRT, via son spécialiste des États-Unis Bert De Vroey, situe ce double discours dans un registre plus large : un ton jugé plus modéré qu'en 2024 envers l'ONU elle-même — Trump ayant remercié deux fois le Conseil de sécurité — mais des attaques frontales contre l'UNESCO et la Cour pénale internationale, ainsi qu'une défense des frappes américaines au Venezuela jugée incompatible avec les principes de l'organisation. La Libre y ajoute la mention, jugée révélatrice, du commerce noué avec la Biélorussie plutôt qu'avec le Canada. Pour la presse belge, ce n'est pas la menace en soi qui fait sens, mais l'incohérence d'une diplomatie qui ménage des régimes autoritaires tout en brandissant l'anéantissement d'un État membre des Nations unies.
SOURCES (3)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- VRT NWSMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
