ANGLE DOMINANT
Pretoria retient de Brasília un retour spectaculaire de la gauche : la presse sud-africaine, reprenant les dépêches Reuters, présente la victoire de Lula comme un coup d'arrêt à la vague de victoires de la droite en Amérique latine, et la contestation de Flávio Bolsonaro comme peu susceptible d'aboutir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula remporte un quatrième mandat historique, battant le sénateur Flávio Bolsonaro de plus de 4 millions de voix selon la justice électorale.
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Flávio Bolsonaro veut demander l'annulation du scrutin à cause d'une décision de la Cour suprême prolongeant le vote de deux heures ; son camp avait aussi demandé une prolongation à cause des pluies dans le sud.
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Mario Braga (Rane) juge « très improbable » que d'éventuelles manifestations de droite renversent le résultat.
ANALYSE
Pretoria, 26 octobre 2026. Les grands titres sud-africains, SABC News, Business Day, TimesLIVE et Daily Maverick, publient lundi 26 octobre la même dépêche d'agence : « Lula wins fourth term in dramatic comeback ». Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a remporté dimanche 25 octobre un quatrième mandat « historique », selon la justice électorale, dans un « résultat choc qui a défié les sondages, les précédents et le sentiment anti-sortants mondial ».
Le récit insiste sur la portée régionale du scrutin. Cette victoire, écrivent les médias, « freine une vague de victoires électorales de droite à travers l'Amérique latine ». Lula y est décrit comme « une icône de la gauche mondiale » et la force la plus dominante de la politique brésilienne de ce siècle. Les articles rappellent qu'à 80 ans, il avait été emprisonné de 2018 à 2019 pour des faits de corruption ensuite annulés, avant de battre Jair Bolsonaro en 2022. La députée de gauche Erika Hilton, présente avec lui à São Paulo pendant le dépouillement, le qualifie d'« homme d'État, un géant ».
Les textes détaillent aussi le chemin difficile du président : des électeurs lassés après des scandales de corruption et la hausse des prix, et un ancien métallurgiste jugé en décalage avec une économie de plateformes et de travailleurs informels. Des sondeurs attribuent sa victoire à une participation supérieure aux attentes. Selon Leonardo Barreto, du cabinet Think Policy, les électeurs ont choisi entre « le changement, avec une certaine appréhension, et une voie connue, qui garantit certains droits ». Lula avait mis en avant la baisse de la pauvreté et des inégalités pendant son troisième mandat, et accusé son adversaire de vouloir livrer la souveraineté du Brésil au président américain Donald Trump.
Sur la contestation, la presse sud-africaine reste factuelle. Flávio Bolsonaro, arrivé en tête au premier tour mais battu de plus de 4 millions de voix, dit vouloir demander l'annulation du scrutin en raison de la décision de la Cour suprême, dimanche, de prolonger le vote de deux heures. Son refus de reconnaître la défaite « rappelle la réaction de son père en 2022 », condamné depuis à 27 ans de prison pour avoir comploté afin de rester au pouvoir.
Les analystes cités jugent l'annulation improbable : l'écart est plus de deux fois supérieur à celui de son père, et son propre camp avait demandé une prolongation à cause des pluies dans le sud. Mario Braga, du cabinet de conseil en risques Rane, n'exclut pas des manifestations de droite dans les prochains jours, mais juge « très improbable » qu'elles conduisent à l'inversion du résultat.
