ANGLE DOMINANT
Brasília mesure la fragilité d'une victoire arrachée au second tour : le quatrième mandat de Lula s'ouvre sur un adversaire qui conteste les urnes, un STF attaqué et une dette qui grimpe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula obtient 51,79 % des votes valides (64.256.232 voix) contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro (59.826.041), soit 4,4 millions d'écart (Estadão).
- 02
Le ministre du STF Cristiano Zanin a prolongé le vote jusqu'à 19 heures après des restrictions de transport dans dix États (Estadão).
- 03
La dette publique est passée de 71,68 % du PIB en décembre 2022 à 82,87 % en août 2026 (Estadão).
ANALYSE
Brasília, 26 octobre 2026. La presse brésilienne place le résultat de dimanche 25 octobre sous le signe de la « virada » : Luiz Inácio Lula da Silva est réélu pour un quatrième mandat, une première, avec 51,79 % des votes valides (64.256.232 voix) contre 48,21 % (59.826.041) pour Flávio Bolsonaro, soit 4,4 millions d'écart, selon l'Estadão. Pour la première fois, souligne le quotidien, un candidat arrivé deuxième au premier tour l'emporte au second. À 80 ans, Lula sera le plus âgé des présidents à prendre ses fonctions ; il aura 81 ans mardi 27 octobre.
Le scrutin a été heurté. Le ministre du Tribunal suprême Cristiano Zanin a prolongé le vote jusqu'à 19 heures après des restrictions de transport public à Salvador, à São Paulo et dans huit autres États. La Folha rapporte que Rogério Marinho, coordinateur de la campagne de Flávio, y voit un « golpe judiciário » et dénonce « le niveau d'intervention de certains ministres du STF » ; le journal note que les alliés suggèrent une fraude sans preuves. Flávio Bolsonaro a annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin, et le G1 rappelle qu'il perdra mandat et for privilégié en 2027.
L'Estadão et la Folha attribuent la remontée à la mobilisation de la militance, à la percée dans le Minas Gerais (50,43 % contre 49,57 %) et à ce que l'éditorialiste Ricardo Corrêa appelle la « soberba » de Flávio. Les sondages donnaient presque tous Flávio devant en nombre absolu, à 51 % contre 49 % pour Datafolha, Quaest et PoderData, relève Veja : l'issue les a démentis.
Le regard se tourne ensuite vers les épreuves du quatrième mandat. L'Estadão cite un Congrès où l'opposition se renforce, la pression pour destituer des juges du STF et les enquêtes visant l'entourage présidentiel, dont le fils Lulinha et la lobbyiste Roberta Luchsinger, qui évoque une délation. Sur le plan économique, la dette brute est passée de 71,68 % du PIB fin 2022 à 82,87 % en août 2026 ; le quotidien juge que Lula devra agir pour la contenir, alors que sa campagne a multiplié les promesses de dépenses. Les marchés, qui pariaient sur Flávio, devraient chuter : un analyste évoque un Ibovespa sous 190 000 points.
À l'étranger, les présidents de droite du Paraguay, de Bolivie et du Panama ont félicité Lula avant la proclamation officielle ; Javier Milei s'est tu et Donald Trump n'a rien dit.
SOURCES (4)
- UOL NotíciasMOYEN
- VejaMOYEN
- EstadãoMOYEN
- G1 Globo PoliticaMOYEN
