ANGLE DOMINANT
Londres jauge la solidité démocratique brésilienne : la presse britannique salue le retour inédit de Lula et s'alarme du refus de Flávio Bolsonaro, qu'elle rattache au précédent de son père en 2022.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula l'emporte avec 51,79 % contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro, soit 4,4 millions de voix d'écart, selon The Guardian.
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Flávio Bolsonaro juge « impossible de reconnaître le résultat » et veut faire annuler le scrutin, en visant la prolongation du vote de 17 h à 19 h décidée par le juge Zanin.
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Aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n'avait jamais remporté le second depuis le retour de la démocratie, rappellent The Guardian et la BBC.
ANALYSE
Londres, 26 octobre 2026. Pour The Guardian, le Daily Mail, The Independent et la BBC, la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, est d'abord un retour sans précédent. Avec 100 % des bulletins dépouillés, le président sortant l'emporte avec environ 4,4 millions de voix d'avance, 51,79 % contre 48,21 % pour le sénateur Flávio Bolsonaro, 45 ans, selon The Guardian. Le quotidien rappelle que, depuis le retour de la démocratie dans les années 1980, aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n'avait gagné le second. La BBC, qui présentait le scrutin de dimanche 25 octobre comme celui où Bolsonaro partait favori, note que Donald Trump avait qualifié de « very big » sa victoire du premier tour, le 4 octobre.
Le Daily Mail et The Independent, qui reprennent la dépêche de Reuters, insistent sur un résultat qui « défie les sondages, les précédents et l'humeur anti-sortants mondiale » et freine la vague de victoires de la droite en Amérique latine. Ils décrivent un Lula contesté, que les électeurs jugeaient usé par les scandales de corruption et la hausse des prix, et décalé face à une économie des applications et des travailleurs informels. Un politologue cité, Leonardo Barreto, résume le choix : « un chemin connu, qui garantit certains droits » contre le changement avec « une certaine appréhension ».
Le cœur du récit britannique est toutefois la contestation. Le Guardian, en direct de Brasília, rapporte que Flávio Bolsonaro juge « impossible de reconnaître le résultat » et que son équipe juridique demandera l'annulation du scrutin. Il vise la décision du juge Cristiano Zanin de prolonger le vote de 17 h à 19 h, « inacceptable » et équivalente à « changer les règles du jeu en cours de partie », alors que le camp Bolsonaro avait lui-même réclamé une prolongation. Le journal précise que Zanin fut l'avocat de Lula et a été nommé par lui, et que le président de la cour électorale, Kassio Nunes Marques, nommé par Jair Bolsonaro, avait été critiqué pour des décisions favorables au sénateur.
Côté vainqueur, le Guardian cite Lula : « Cette élection a été une défaite du négationnisme […] c'est la démocratie qui a rendu cela possible. » Son ministre de la Santé, Alexandre Padilha, y voit un « signal important pour le reste de l'Amérique latine et le monde ». Les rues de São Paulo ont fêté la victoire jusqu'à l'aube, selon le journal.
La veille du vote, le Guardian rappelait que Jair Bolsonaro purge 27 ans de prison pour tentative de coup d'État, en résidence surveillée pour raisons de santé, et que son fils promettait de le gracier et de « changer la constitution » avec un Congrès encore plus conservateur.
SOURCES (4)
- The IndependentMOYEN
- Daily MailMOYEN
