ANGLE DOMINANT
Mexico retient de ce scrutin l'aubaine d'un allié conservé : la réélection de Lula est lue à travers l'affinité Sheinbaum-Lula et l'isolement de la gauche face à la droite régionale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon le Tribunal supérieur électoral, Lula l'emporte avec 51,76 % contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro, soit environ 4,4 millions de voix d'avance (8 Columnas, citant AP).
- 02
Claudia Sheinbaum a félicité Lula : « Viva la democracia, ganó el pueblo de Brasil. ¡Felicidades presidente Lula! » (El Financiero, El Informador).
- 03
Flávio Bolsonaro a déclaré : « Es imposible reconocer las elecciones en esas condiciones » et annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin (El Siglo de Torreón, Reforma).
ANALYSE
Mexico, 26 octobre 2026. La presse mexicaine couvre la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva au second tour du dimanche 25 octobre en y cherchant d'abord ce qu'elle change pour la région. El Financiero, reprenant Bloomberg, parle d'une « épique remontada » qui « suppose une défaite pour l'avancée de la droite en Amérique latine ». Selon le Tribunal supérieur électoral, Lula l'emporte avec 51,77 % contre 48,23 % pour Flávio Bolsonaro, avec 99,89 % des suffrages dépouillés ; les titres mexicains donnent des décimales légèrement différentes selon l'heure de la coupe.
Le fil national est celui de la présidente Claudia Sheinbaum, qui a écrit sur les réseaux : « Viva la democracia, ganó el pueblo de Brasil. ¡Felicidades presidente Lula! ». El Financiero en tire une lecture régionale : le Brésil et le Mexique deviennent « les derniers pays » gouvernés par des partis se disant de gauche face à la montée de l'extrême droite, et les deux plus grandes économies d'Amérique latine entretiennent un rapprochement depuis la présence de Lula à l'investiture de Sheinbaum, le 1er octobre 2024.
El Informador et 8 Columnas détaillent le renversement : au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro était en tête avec 47,03 % contre 45,16 % pour Lula ; l'écart final dépasse quatre millions de voix, environ 4,4 millions selon 8 Columnas citant l'agence AP. El Siglo de Torreón souligne que, depuis la fin de la dictature en 1985, aucun candidat arrivé second au premier tour n'avait gagné le second. 8 Columnas note aussi que le Parti libéral aura 121 députés contre 88 pour la coalition du PT : Lula devra négocier avec le centre.
La contestation occupe un second plan, mais précis. Reforma et El Norte rapportent que Flávio Bolsonaro « solicitará la anulación » du second tour. El Siglo de Torreón cite ses mots : « Es imposible reconocer las elecciones en esas condiciones », en visant la décision du juge du Suprême tribunal fédéral Cristiano Zanin de prolonger le vote de deux heures, à la demande du camp Lula ; il rappelle que Zanin fut l'avocat personnel du président. El Financiero précise que, selon sa version, les deux candidats avaient demandé une prolongation dans certaines villes, à cause de problèmes de transport dans neuf États et de fortes pluies dans le sud.
Le même quotidien relève une journée « chaotique », avec des dénonciations d'entraves au vote, et El Siglo de Torreón mentionne l'ordre d'arrestation d'un responsable du parti de Bolsonaro après le défaut d'autobus. Pour la suite, El Financiero juge la tâche de Lula « presque impossible » : stabiliser la première économie de la région et atténuer une polarisation que la campagne a mise à nu.
SOURCES (5)
- El FinancieroMOYEN
- El InformadorMOYEN
- El Siglo de TorreónMOYEN
- 8 ColumnasMOYEN
