ANGLE DOMINANT
Rome retient d'abord un Brésil coupé en deux : la presse italienne salue la rémonte de Lula, mais s'attarde sur le refus de Flávio Bolsonaro de reconnaître le résultat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Adnkronos : Lula l'emporte avec 51,78 % des voix contre 48,22 % pour Flávio Bolsonaro et obtient un quatrième mandat.
- 02
La Repubblica : le juge Cristiano Zanin a prolongé le vote de deux heures, jusqu'à 19 heures locales, à la demande du comité de Lula.
- 03
Adnkronos : Lula déclare que « ce pays n'acceptera pas d'être la cour arrière de quelqu'un », message adressé aux États-Unis de Trump.
ANALYSE
Rome, 26 octobre 2026. Les médias italiens couvrent le second tour brésilien comme un duel serré dont l'issue ne règle rien. La Repubblica rappelle qu'au premier tour, Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ex-président Jair « condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État », l'avait emporté avec 47,03 % des voix valides contre 45,16 % pour Lula, d'où des sondages annonçant « une sfida all'ultimo voto ». Environ 158,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.
La journée est suivie heure par heure. Selon La Repubblica, la clôture prévue à 17 heures locales (21 heures en Italie) a été repoussée de deux heures par le juge Cristiano Zanin, qui a accueilli une demande du comité de campagne de Lula signalant des « incidents » ayant entravé le transport des électeurs. Zanin a invoqué « la gravité des faits exposés », et le dépouillement, déjà entamé, a été suspendu. L'ANSA, le matin, décrivait un duel au coude-à-coude, avec un léger avantage d'environ un point pour Bolsonaro dans les sondages, et relevait que Lula, 80 ans, avait dénoncé des violences politiques, citant l'agression d'une conseillère municipale du PT dans le Minas Gerais.
Adnkronos titre sur la victoire : Lula l'emporte avec 51,78 % des voix, contre 48,22 % pour Bolsonaro, et décroche un quatrième mandat. Dans son discours à São Paulo, il a loué « la générosité du peuple brésilien », le rôle des jeunes « descendus dans la rue pour défendre la démocratie » et promis d'associer davantage les citoyens aux décisions, avec la communication numérique au premier plan. Face à un Congrès conservateur, il répond : « Ce n'est pas moi qui ai choisi le Congrès, c'est le peuple ». Il adresse aussi un message aux États-Unis de Donald Trump : « Ce pays n'acceptera pas d'être la cour arrière de quelqu'un ». Depuis Brasília, Bolsonaro conteste le résultat.
Libero Quotidiano, avant le vote, inscrivait l'élection dans la « guerre froide » entre Washington et Pékin : le Brésil, dixième économie mondiale, premier exportateur de soja et détenteur de lithium et de niobium, ferait de ce scrutin un enjeu mondial. Le journal présente Flávio comme le « trumpisme 2.0 », avec un programme d'exclusion de Huawei du 5G et de privatisation de Petrobras.
Le titre de La Repubblica résume le fil rouge : le triomphe de Lula, mais un adversaire qui ne reconnaît pas le verdict et un pays que cette victoire « ne guérit pas » de ses divisions.
SOURCES (4)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
