ANGLE DOMINANT
Quito retient surtout la dimension diplomatique de la réélection de Lula : félicitations de Noboa, réactions des voisins et lecture d'un frein au virage à droite régional, la contestation de Flávio Bolsonaro restant au second plan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte le dimanche 25 octobre 2026 avec 51,74 % contre 48,26 % pour Flávio Bolsonaro, selon Primicias, soit plus de quatre millions de voix d'avance.
- 02
Daniel Noboa félicite Lula sur X : « Notre région a des ennemis communs, des défis partagés et beaucoup à gagner quand nous travaillons ensemble ».
- 03
Flávio Bolsonaro juge « impossible de reconnaître le résultat » et annonce qu'il demandera l'annulation du scrutin après la prolongation du vote ordonnée par le juge Zanin.
ANALYSE
Quito, 26 octobre 2026. Dimanche 25 octobre 2026, Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de la présidentielle brésilienne. Primicias donne 51,74 % contre 48,26 % pour le sénateur Flávio Bolsonaro, avec plus de quatre millions de voix d'écart ; El Comercio souligne qu'aucun candidat arrivé deuxième au premier tour ne l'avait emporté au second depuis la fin de la dictature (1964-1985). Lula, 80 ans, prendra ses fonctions le 5 janvier.
La presse équatorienne s'attarde sur la réaction de son propre président. Daniel Noboa a félicité Lula sur X : « Notre région a des ennemis communs, des défis partagés et beaucoup à gagner quand nous travaillons ensemble ». Le chancelier Roberto Kury a salué le peuple brésilien et dit vouloir renforcer l'amitié et la coopération entre l'Équateur et le Brésil. Les médias notent que ce message rejoint ceux de la Bolivie et du Paraguay, dont les gouvernements, pourtant éloignés de Lula sur le plan idéologique, ont mis en avant la coopération économique, commerciale et d'infrastructure.
Les réactions régionales occupent une large place. Claudia Sheinbaum écrit « Vive la démocratie, le peuple du Brésil a gagné », Gustavo Petro parle d'un « triomphe pour l'humanité », Rodrigo Paz évoque deux pays « voisins et frères ». Primicias relève que les deux grandes économies d'Amérique latine restent à gauche, alors que la droite gouverne la majeure partie de la région ; El Comercio y lit un frein au virage à droite du continent.
Le volet contentieux est traité plus sobrement. Selon El Universo, l'équipe de Lula a saisi le Tribunal supérieur électoral d'un recours « urgentissime » pour prolonger le vote de deux heures, en raison des incidents de transport ; Flávio Bolsonaro avait demandé une extension locale pour cause de fortes pluies. Le juge Cristiano Zanin a étendu l'horaire jusqu'à 19 heures. Flávio Bolsonaro a jugé « impossible de reconnaître le résultat dans ces conditions » et annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin : « Je n'accepterai pas que les règles du jeu aient changé pendant le jeu ». Des parlementaires de l'opposition, dont Marcel van Hattem, préparent une demande de destitution contre Zanin.
Lula, à São Paulo, a parlé d'une « défaite du mensonge et du négationnisme » et promis « le meilleur mandat qu'un président ait jamais fait ». Pour la presse équatorienne, le scrutin vaut surtout comme repère diplomatique : celui d'un voisin continental avec lequel Quito veut maintenir des relations de coopération, quelle que soit la contestation en cours à Brasília.
SOURCES (3)
- El UniversoMOYEN
- PrimiciasMOYEN
- El ComercioMOYEN
