ANGLE DOMINANT
Ottawa mesure la réélection de Lula à l'aune de l'influence américaine en Amérique latine : la presse canadienne y lit un coup d'arrêt à la série de victoires des alliés de Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula l'emporte avec près de 4,4 millions de voix d'avance, soit 51,8 % des suffrages, selon le tribunal électoral cité par CBC.
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Flávio Bolsonaro refuse de concéder, juge la prolongation du vote de deux heures sans précédent et demande l'annulation du scrutin.
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Le Globe and Mail rappelle que les alliés de Trump ont gagné cette année au Chili, au Pérou et en Colombie ; la victoire de Lula laisse Brésil et Mexique à centre gauche.
ANALYSE
Ottawa, 26 octobre 2026. Pour la presse canadienne, l'élection brésilienne se joue d'abord sur l'échiquier hémisphérique. Dès le jour du vote, le Globe and Mail présentait le second tour comme « un scrutin qui déterminera si les États-Unis élargiront sensiblement leur influence croissante en Amérique latine ». Le quotidien rappelait que Flávio Bolsonaro, allié du président américain Donald Trump et fils de l'ancien président emprisonné Jair Bolsonaro, avait devancé Lula de plus de 2,2 millions de voix au premier tour, et que les sondages donnaient une course serrée. Il notait aussi que plus de 33 millions d'électeurs sur près de 160 millions ne s'étaient pas déplacés, malgré le vote obligatoire.
Le lendemain, CBC News rapporte que, le dépouillement étant achevé à 100 %, le tribunal électoral a donné à Lula, qui aura 81 ans mardi, une avance de près de 4,4 millions de voix, soit 51,8 % des suffrages. La chaîne décrit une soirée marquée par le « chaos » dans les bureaux de vote, après la décision de dernière minute de prolonger le scrutin de deux heures. Flávio Bolsonaro a refusé de concéder la défaite, jugeant cette prolongation sans précédent, alors que les deux camps l'avaient demandée, et a réclamé l'annulation des résultats, qu'il dit impossibles à accepter.
CBC insiste sur le discours du vainqueur. Lula y voit « une défaite du négationnisme et du mensonge » et affirme que « ce pays n'acceptera pas d'être l'arrière-cour de qui que ce soit ». La chaîne y voit une réaffirmation de la souveraineté brésilienne face à Washington, dont Lula est un critique déclaré.
Le cadre régional domine ainsi les deux textes. CBC écrit que le triomphe de Lula va à contre-courant d'une tendance où des candidats de centre droit alliés à Trump l'emportent de plus en plus, et le Globe rappelle que ses alliés ont gagné cette année au Chili, au Pérou et en Colombie. Avec la victoire de Lula, le Brésil et le Mexique de Claudia Sheinbaum restent dirigés par des présidents de centre gauche.
La contestation de Flávio Bolsonaro est rapportée de façon factuelle, sans développement sur ses chances de succès devant les instances judiciaires. Les enjeux économiques, notamment la réaction des marchés, ne figurent pas dans les extraits fournis : l'attention reste sur la géopolitique et sur la place des États-Unis dans la région.
