ANGLE DOMINANT
Berne s'attache à l'après-scrutin : une réélection historique de Lula, mais un Brésil coupé en deux, un perdant qui conteste et un pouvoir qui s'annonce plus difficile à exercer.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte avec 51,75 % contre 48,25 % pour Flávio Bolsonaro, selon SRF, après dépouillement de presque tous les bulletins.
- 02
Flávio Bolsonaro juge impossible de reconnaître le résultat et veut faire annuler le scrutin à cause d'une ouverture des bureaux prolongée de deux heures.
- 03
Lula a gagné environ 10,4 millions de voix entre les deux tours, contre 3,7 millions pour son rival (SRF).
ANALYSE
Berne, 26 octobre 2026. La presse suisse rend compte de la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva en insistant sur la suite plus que sur le scrutin. Selon SRF, le président de gauche a remporté le second tour dimanche avec 51,75 % des voix contre 48,25 % à son rival de droite Flávio Bolsonaro, après dépouillement de presque tous les bulletins. Le Temps souligne que le sortant, bientôt 81 ans, devient « contre toute attente » le premier Brésilien à décrocher un quatrième mandat, sous les liesses de São Paulo, Rio et Brasília.
SRF relie ce résultat à l'orientation du pays : la victoire de Lula a mis fin à la tentative du camp Bolsonaro de rapprocher le Brésil, pays le plus peuplé et le plus puissant économiquement d'Amérique latine, du gouvernement de Donald Trump, une coopération plus étroite avec Washington ayant été promise en campagne. Le média énumère un bilan favorable : chômage à un plus bas historique, recul de la pauvreté, hausse du salaire minimum, introduction progressive de la semaine de cinq jours et recul de la déforestation en Amazonie. Il rappelle aussi le mécontentement face au coût de la vie, la dette publique élevée, la politique dépensière et un scandale de fraude présumée à l'assurance retraite.
Un second article de SRF s'attache à la contestation. Flávio Bolsonaro dit qu'il lui est impossible de reconnaître le résultat et veut faire annuler le scrutin à cause de la prolongation de deux heures de l'ouverture des bureaux. Son directeur de campagne met en garde contre un possible « coup de force judiciaire ». Il vise le juge Zanin, qui avait ordonné la prolongation en raison de problèmes de transports publics, décision tombée trop tard pour s'appliquer partout. Le camp Lula reproche pour sa part au président du tribunal électoral, Kassio Nunes Marques, d'être resté trop longtemps inactif alors qu'une demande de prolongation lui était parvenue dès midi. L'équipe Bolsonaro avait elle aussi réclamé un allongement dans certaines régions, à cause d'intempéries.
SRF note que Lula a gagné environ 10,4 millions de voix entre les deux tours, contre 3,7 millions pour son adversaire, aidé par une campagne numérique : le groupe WhatsApp « L'armée de Lula » a dépassé dix millions d'abonnés. Gouverner s'annonce pourtant plus ardu : Bolsonaro a obtenu près de la moitié des suffrages et son parti PL a gagné en influence au Parlement. Dans le camp vaincu, la question du leadership pourrait se poser ; le mandat de sénateur de Flávio expire en janvier et des enquêtes pour blanchiment présumé le visent.
