ANGLE DOMINANT
Paris retient de la réélection de Lula un camouflet pour la vague conservatrice latino-américaine et pour Donald Trump, plus qu'un simple scrutin brésilien, tout en notant la contestation de Flavio Bolsonaro et un Congrès hostile.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte avec 51,8 % contre 48,2 % pour Flavio Bolsonaro, soit 4,4 millions de voix d'avance (Sud Ouest, BFMTV).
- 02
Flavio Bolsonaro déclare : « Il est impossible de reconnaître les élections » et veut faire annuler le scrutin après la prolongation de deux heures du vote (L'Express).
- 03
La droite domine le Congrès avec 286 députés sur 513 et 51 sénateurs sur 81, ce qui limite la marge de manœuvre de Lula (Le Monde).
ANALYSE
Paris, 26 octobre 2026. La presse française fait de la réélection de Luiz Inacio Lula da Silva, dimanche 25 octobre, un événement continental avant d'en faire un événement brésilien. Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour Flavio Bolsonaro, soit 4,4 millions de voix d'écart selon Sud Ouest et BFMTV, le président de gauche, qui aura 81 ans mardi, obtient un quatrième mandat inédit après avoir été devancé au premier tour (45 % contre 47 %). RFI y voit « un véritable exploit électoral » : jamais un candidat arrivé deuxième au premier tour n'avait renversé la situation au Brésil.
Le récit s'ancre dans la région. « Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie », répètent France 24, Le Monde, BFMTV ou 20 Minutes, qui reprennent la même dépêche. France 24 rappelle que Chili, Pérou, Équateur et Colombie ont rejoint le « Bouclier des Amériques » américain et parle d'un revers pour Donald Trump, qui soutenait la famille Bolsonaro. Lula a défendu la souveraineté de son pays, affirmant que le Brésil « n'accepte pas d'être la cour arrière de qui que ce soit ». Le Monde évoque un « spectre » bolsonariste aligné sur Washington qui aurait mobilisé les électeurs.
La contestation de Flavio Bolsonaro est traitée comme un fait politique plus que comme un risque réel. « Il est impossible de reconnaître les élections », a-t-il déclaré à Brasilia, en invoquant la prolongation de deux heures du vote ordonnée par le juge Cristiano Zanin à la demande de Lula, qui dénonçait le retrait de bus à São Paulo et à Salvador de Bahia. L'Express précise que le camp Bolsonaro avait lui aussi demandé une prolongation, pour cause de pluies, et que, selon les analystes, l'ampleur de la défaite rend l'annulation peu probable.
Les médias soulignent ensuite la fragilité de la victoire. Le Monde rappelle que la droite détient la majorité dans les deux chambres, avec 286 députés sur 513 et 51 sénateurs sur 81 ; la politiste Thais Pavez parle de conditions de gouvernement « extrêmement hostiles ». France 24 en anglais ajoute le fardeau budgétaire : une dette publique supérieure à 80 % du PIB.
Enfin, la presse relaie les réactions latino-américaines : félicitations de Claudia Sheinbaum et de Miguel Díaz-Canel, mais aussi de Keiko Fujimori et de José Antonio Kast, qui promettent de coopérer avec Brasília.
SOURCES (5)
- L'ExpressMOYEN
- BFMTV InternationalMOYEN
