ANGLE DOMINANT
Berlin retient d'abord la stabilité institutionnelle brésilienne : une victoire historique de Lula, aussitôt contestée par Flávio Bolsonaro qui réclame l'annulation du scrutin.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte avec 51,8 % contre 48,2 %, soit près de 4,4 millions de voix d'avance selon le Tribunal supérieur électoral (Tagesschau).
- 02
Première fois depuis 1989 qu'un candidat rattrape un retard du premier tour : Bolsonaro menait par 47 % contre 45 % (FAZ).
- 03
Flávio Bolsonaro : « Il est impossible de reconnaître le résultat » ; il demande l'annulation à cause de la prolongation de deux heures, que les deux camps avaient sollicitée (Tagesschau).
ANALYSE
Berlin, 26 octobre 2026. La presse allemande traite le second tour brésilien du dimanche 25 octobre comme une victoire historique doublée d'un test pour les institutions. Selon la FAZ, Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, l'emporte avec 51,8 % des suffrages valides contre 48,2 % pour Flávio Bolsonaro. Selon la Tagesschau, citant le Tribunal supérieur électoral, l'écart atteint près de 4,4 millions de voix. Le Handelsblatt, depuis Salvador, parle d'une « victoire spectaculaire » et souligne que Lula a gagné 10,3 millions de voix entre les deux tours, contre 3,7 millions pour son adversaire.
La FAZ note que, pour la première fois depuis le retour à l'élection présidentielle directe en 1989, un candidat rattrape un retard du premier tour : Bolsonaro menait alors par 47 % contre 45 %. Elle relève que Lula s'impose à contre-courant des législatives et régionales, où le camp Bolsonaro a obtenu de bons résultats, et l'explique en partie par les faiblesses de son rival, notamment des enquêtes sur le financement d'un film consacré à son père. La Tagesschau cite des sondeurs selon lesquels une participation inattendue élevée a aidé Lula ; le Handelsblatt dit qu'il a surtout mobilisé des abstentionnistes du premier tour.
L'autre versant du récit est la contestation. Flávio Bolsonaro, présenté par la Tagesschau comme le fils de l'ancien président d'extrême droite assigné à résidence, a déclaré à Brasília : « Il est impossible de reconnaître le résultat » et annoncé qu'il demanderait l'annulation du scrutin. Il invoque la prolongation du vote de deux heures décidée peu avant la fermeture des bureaux, jugée « inacceptable » et « sans précédent ». Les médias allemands rappellent que cette prolongation répondait à des perturbations des transports publics et à des intempéries.
Les journaux prennent soin de rétablir le contexte : la FAZ précise que la demande venait de la campagne de Lula, mais que celle de Bolsonaro réclamait aussi une extension, limitée à Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Paraná, São Paulo et Santa Catarina, en raison de pluies, d'inondations et de coupures de courant. La Tagesschau formule la même nuance : les deux camps en avaient fait la demande, seul le périmètre différait.
Lula, qui fêtera ses 81 ans cette semaine, a présenté sa victoire comme un vote pour la démocratie : les Brésiliens ont voté pour « sécuriser la démocratie ». Des milliers de partisans ont fêté le résultat dans la rue. DW avait de son côté décrit avant le scrutin deux projets que tout oppose, entre souvenir des programmes sociaux des gouvernements Lula de 2003 à 2011 et volonté de revanche d'une dynastie politique.
SOURCES (4)
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
