ANGLE DOMINANT
Jérusalem mesure la réélection de Lula à l'aune de la guerre de Gaza : le retour d'un critique virulent d'Israël, et la défaite d'un allié de Netanyahou, pèsent plus que la querelle électorale brésilienne.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula, 80 ans, remporte un quatrième mandat inédit, selon la cour électorale brésilienne citée par le Jerusalem Post.
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Haaretz rappelle que Lula, jadis fervent soutien d'Israël, est devenu un critique virulent du gouvernement israélien et de la guerre à Gaza.
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Flávio Bolsonaro refuse de reconnaître sa défaite, veut faire annuler le second tour et juge inacceptable la prolongation du vote de deux heures décidée par le juge Cristiano Zanin.
ANALYSE
Jérusalem, 26 octobre 2026. Pour la presse israélienne, la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva dimanche 25 octobre se lit d'abord à travers le prisme de la relation avec Israël. Haaretz titre sur la victoire de Lula, qui bat "Netanyahu Ally Bolsonaro", et rappelle que le président brésilien, "once a staunch supporter of Israel", est devenu "a vocal critic of the Israeli government and the war in Gaza". Le quotidien note que cet homme de 80 ans, qui a vivement critiqué la guerre menée par Israël à Gaza, vient contrarier une tendance régionale de victoires de la droite en Amérique latine.
Le Jerusalem Post, qui reprend le récit de Reuters, insiste sur l'ampleur de la surprise : selon la cour électorale, Lula obtient un quatrième mandat inédit, dans un résultat qui "defied polls, precedent and global anti-incumbent sentiment". Le texte rappelle que le sénateur Flávio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, était arrivé en tête du premier tour et espérait ressusciter le mouvement d'extrême droite de son père. Lula, ancien métallurgiste et syndicaliste, avait été emprisonné de 2018 à 2019 pour des faits de corruption, condamnations ensuite annulées, ce qui lui avait permis de battre Jair Bolsonaro en 2022.
Le journal détaille les ressorts du scrutin. Des électeurs s'étaient lassés de Lula et du Parti des travailleurs après des scandales de corruption et la hausse des prix, et le président semblait déconnecté d'une économie de plus en plus numérique. Les sondeurs attribuent la victoire à une participation supérieure aux attentes. Pour Leonardo Barreto, du cabinet Think Policy, les électeurs ont choisi "a known path, which guarantees certain rights" plutôt que le changement. La députée de gauche Erika Hilton, présente auprès de Lula à São Paulo, le qualifie d'"homme d'État, un géant".
Le Jerusalem Post consacre une brève séparée au refus de Flávio Bolsonaro de reconnaître sa défaite. Le sénateur a annoncé qu'il demanderait l'annulation du second tour et jugé "unacceptable" la décision du juge de la Cour suprême Cristiano Zanin de prolonger le vote de deux heures. Le texte, publié comme un article en cours de développement, ne détaille ni le recours ni ses chances d'aboutir.
Les deux journaux ne commentent pas à ce stade d'éventuelles conséquences concrètes pour les relations bilatérales entre Brasília et Jérusalem, ni la réaction du gouvernement israélien. Le cadrage reste celui d'un résultat électoral lu par son effet sur l'alignement du Brésil, entre la droite proche de Netanyahou et un président hostile à la conduite de la guerre à Gaza.
