ANGLE DOMINANT
Bogotá mesure la réélection de Lula à l'aune du virage conservateur régional : le Brésil reste un bastion de gauche face à l'élan soutenu par Trump, dont la Colombie fait partie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte avec 51,76 % contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro (99,81 % des urnes dépouillées), selon Portafolio.
- 02
Flávio Bolsonaro : « Es imposible reconocer el resultado » et il demandera l'annulation du scrutin après la prolongation du vote de deux heures (Semana).
- 03
Lula hérite d'un déficit de 9,48 % et d'une dette de 82,9 % du PIB (La República).
ANALYSE
Bogotá, 26 octobre 2026. La presse colombienne couvre la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva comme un événement continental. El Colombiano écrit que, avec ce triomphe, le Brésil « se desvía del giro a la derecha » pris par l'Argentine, le Chili ou la Colombie, soutenus par Donald Trump, et reste l'un des rares bastions progressistes de la région. Portafolio parle d'un coup de frein à ce virage conservateur.
Les chiffres sont repris des résultats officiels : 51,76 % contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro, avec 99,81 % des urnes dépouillées, soit plus de quatre millions de voix d'écart. Portafolio souligne une remontée inédite : c'est la première fois depuis la fin de la dictature (1964-1985) qu'un candidat arrivé deuxième au premier tour l'emporte au second. Lula, 81 ans, prendra ses fonctions le 5 janvier. El Colombiano relève qu'aucune grande enquête n'avait prévu sa victoire.
Le déroulement du dimanche 25 octobre est détaillé. Portafolio rapporte que le juge Cristiano Zanin, du Tribunal suprême fédéral, a prolongé le vote de deux heures, jusqu'à 19 h locales, à la demande de la campagne de Lula, qui dénonçait des incidents dans le transport des électeurs. Selon EFE, la décision est tombée alors que le dépouillement avait déjà commencé.
Semana donne la parole au perdant. Flávio Bolsonaro a déclaré à Brasília : « Es imposible reconocer el resultado » et « voy a pedir la anulación de estas elecciones », qualifiant la prolongation d'« inaceptable » parce que, dit-il, elle a « changé les règles du jeu d'un trait de plume ». Il affirme ne jamais pouvoir savoir combien de voix il aurait obtenues dans les États où les urnes n'ont pas rouvert. Le même média cite Lula, ému, voyant dans le scrutin « una derrota de la mentira » et dénonçant des tentatives d'ingérence extérieure.
Le prisme économique est porté par La República : Lula hérite d'un déficit budgétaire de 9,48 % et d'une dette publique de 82,9 % du PIB, avec des taux d'intérêt montés à 15 % pour contenir l'inflation. Le journal rappelle aussi une croissance moyenne de 3 % entre 2023 et 2025 et un chômage à des planchers historiques. Avant le vote, il évoquait des accusations d'ingérence américaine, que Washington nie, et le tarif de 50 % imposé par Trump en 2025 après la condamnation de Jair Bolsonaro.
SOURCES (4)
- El ColombianoMOYEN
- La Republica COMOYEN
- PortafolioMOYEN
