ANGLE DOMINANT
Montevideo tire de la réélection de Lula une lecture régionale : le Brésil reste un bastion progressiste face à la vague de droite soutenue par Trump, et la classe politique uruguayenne y cherche des leçons pour son propre échiquier.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula l'emporte avec 51,76 % contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro, à 99,78 % des bureaux dépouillés (Subrayado, dépêche AFP).
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Le juge Cristiano Zanin a ordonné la fermeture des bureaux à 19 h au lieu de 17 h dans ceux encore ouverts (El Observador).
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Yamandú Orsi a félicité Lula par téléphone, le qualifiant d'« ami » ; le sénateur Sebastián da Silva y voit une leçon pour l'Uruguay (El Observador, La Diaria).
ANALYSE
Montevideo, 26 octobre 2026. Les médias uruguayens couvrent le second tour brésilien comme un scrutin à portée régionale. Subrayado, reprenant une dépêche AFP, annonce que Luiz Inácio Lula da Silva, presque 81 ans, a été réélu dimanche 25 octobre pour un quatrième mandat inédit, avec 51,76 % des voix contre 48,24 % à Flávio Bolsonaro, à 99,78 % des bureaux dépouillés. Le quotidien souligne qu'« aucune des principales enquêtes » n'avait prévu ce succès : Datafolha donnait 51 % au sénateur conservateur et 49 % au président.
La journée électorale occupe une large place. El Observador rapporte qu'un juge de la Cour suprême, Cristiano Zanin, a ordonné la fermeture des bureaux à 19 heures au lieu de 17 heures dans ceux qui n'avaient pas encore fermé, ce qui a provoqué de la confusion locale. Le même article indique que l'équipe de Bolsonaro avait aussi demandé une prolongation de deux heures dans certaines communes du Minas Gerais et du Rio Grande do Sul en raison de « fortes pluies ». Lula a dénoncé ceux qui avaient tenté d'empêcher le peuple de voter ; des réductions de flottes de bus à São Paulo et Salvador sont évoquées.
Le cadrage dominant est géopolitique. Subrayado écrit que, avec ce résultat, le Brésil s'écarte du virage à droite pris par l'Argentine, le Chili ou la Colombie, soutenus par Donald Trump, et reste l'un des rares bastions progressistes. Lula avait lui-même opposé, le jour du vote, ceux qui défendent le drapeau national et ceux qui veulent gouverner avec celui des États-Unis. Dans son discours de victoire, il a dit que les Brésiliens avaient voté pour « garantir la démocratie » et promis de réguler les plateformes numériques.
Les dépêches tournent ensuite vers les défis : un pays divisé, un Congrès dominé par la droite, où le Parti libéral de Bolsonaro compte 121 députés sur 513 et 28 sénateurs sur 81, et des comptes publics dans le rouge. L'économiste Mauro Rochlin résume : « le problème fiscal, le problème fiscal et le problème fiscal ». Lula prendra ses fonctions le 5 janvier 2027.
Le volet national est très présent. Le président Yamandú Orsi a appelé Lula, « un ami », pour le féliciter de « la fête démocratique ». La Diaria recueille les réactions de l'opposition : le sénateur nationaliste Sebastián da Silva, présent au Brésil, y voit « une leçon pour nous en Uruguay », puisque tout le monde annonce une victoire de Luis Lacalle Pou, et une invitation à « mettre les barbes à tremper ».
SOURCES (3)
- SubrayadoMOYEN
- La DiariaMOYEN
- El ObservadorMOYEN
