ANGLE DOMINANT
Manille retient de la réélection de Lula un coup d'arrêt à la vague conservatrice latino-américaine et un revers pour l'administration Trump, bien plus que le contentieux électoral.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula l'emporte avec 51,8 % des voix et près de 4,4 millions de voix d'avance sur Flávio Bolsonaro, selon la cour électorale (Inquirer).
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Flávio Bolsonaro refuse de concéder et veut faire annuler le scrutin en raison de la prolongation de deux heures du vote décidée par la Cour suprême (GMA News).
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Trump avait imposé en 2025 un droit de douane de 50 % sur le Brésil, lié au procès de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison (Rappler, GMA News).
ANALYSE
Manille, 26 octobre 2026. La presse philippine, qui relaie des dépêches d'agence via GMA News, Rappler et l'Inquirer, présente la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva comme un « résultat choc » qui a « défié les sondages, les précédents et le sentiment anti-sortants mondial ». Selon la cour électorale, le président de 80 ans a remporté dimanche 25 octobre un quatrième mandat, inédit, avec 51,8 % des voix et près de 4,4 millions de voix d'avance sur le sénateur Flávio Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour.
Le récit insiste sur la dimension régionale. GMA écrit que cette victoire met un frein à « une vague de victoires de la droite » en Amérique latine, et Rappler rappelait avant le vote qu'un succès de Bolsonaro aurait rapproché le Brésil des États-Unis, dans le sillage de candidats proches de Donald Trump. L'Inquirer souligne que le résultat soulage les critiques de l'influence américaine croissante. Les articles rappellent le droit de douane de 50 % imposé en 2025, lié au procès de Jair Bolsonaro que Trump qualifie de « chasse aux sorcières », de nouvelles taxes cette année, et les accusations d'ingérence américaine, que Washington dément. Reuters, repris par GMA, avait révélé samedi une campagne au sein du département d'État pour aider les Bolsonaro à revenir au pouvoir.
Le volet contentieux est traité comme une conséquence. Lula avait dénoncé la réduction des bus à São Paulo et dans d'autres villes comme une tentative d'empêcher des gens de voter, et demandé une prolongation ; la Cour suprême a étendu le vote de deux heures. Flávio Bolsonaro, dont la campagne avait aussi réclamé un délai à cause des pluies dans le sud, demande l'annulation, ce qui rappelle l'attitude de son père, condamné à 27 ans de prison pour complot de coup d'État. Mario Braga, analyste de RANE, juge « très improbable » un renversement du résultat, tout en n'excluant pas des manifestations de droite.
Rappler nuance enfin le triomphe : le quatrième mandat pourrait être difficile face à un Congrès conservateur, une dette publique élevée et des taux d'intérêt hauts, après une campagne dominée par les scandales de corruption, la hausse des prix et un électorat qui jugeait Lula déconnecté de l'économie des applications.
