ANGLE DOMINANT
Dacca mesure l'événement à l'aune du droit international : un Nobel décerné à une juge qui siège sur le dossier rohingya, et une CPI sanctionnée quelques heures plus tard par Washington.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Navi Pillay, 85 ans, est juge ad hoc à la CIJ dans l'affaire du génocide présumé des Rohingya par le Myanmar, avec une décision attendue dans les prochains mois (The Daily Star).
- 02
Les États-Unis ont sanctionné la CPI le 9 octobre, avec un délai de grâce initial de six mois et des exemptions pour télécoms, logiciels et pensions (The Daily Star, TBS).
- 03
La CPI appelle ses 125 États membres à la défendre : « The Court cannot stand alone » (The Daily Star).
ANALYSE
Dacca, 10 octobre 2026. Le Nobel de la paix attribué vendredi 9 octobre à la juriste sud-africaine Navi Pillay est présenté par The Daily Star comme celui d'une « championne des droits humains » qui a traité des accusations de génocide « à Gaza, au Rwanda et au Myanmar ». Le journal rappelle qu'à 85 ans, elle siège aujourd'hui comme juge ad hoc à la Cour internationale de justice, saisie de la question de savoir si la répression des Rohingya par le Myanmar viole la Convention de 1948 sur le génocide, avec une décision attendue dans les prochains mois. Pour un pays qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingya, ce détail donne au prix une résonance directe.
Le portrait publié par le quotidien retrace un parcours : fille d'un chauffeur de bus de Durban, issue d'une famille d'origine tamoule, première femme non blanche à ouvrir un cabinet d'avocats dans la ville, défenseure d'opposants à l'apartheid, puis juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, à la CPI et haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes, a salué une lauréate « déterminante » pour que crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide soient poursuivis.
La suite occupe l'essentiel de la couverture. Quelques heures après l'annonce, l'administration Trump a sanctionné la CPI elle-même, ce que TBS News décrit comme une « trajectoire de collision diplomatique » avec les alliés européens. Marco Rubio a parlé d'une « cour voyou » dont il faut couper les ressources. La CPI dénonce une « attaque contre l'état de droit » et appelle ses 125 États membres à la défendre : « La Cour ne peut rester seule. » Sa procureure adjointe, Nazhat Shameem Khan, affirme que son travail ne s'arrêtera pas. Les sanctions prévoient un délai de grâce initial de six mois et des exemptions, notamment pour les télécommunications et les pensions.
Les réactions politiques sont rapportées sans commentaire éditorial. Israël a jugé que le prix légitimait la « haine anti-israélienne » et Benjamin Netanyahou a accusé le comité d'avoir « perdu sa boussole morale ». Donald Trump a qualifié le choix de « honteux » et de « tache indélébile » pour la Norvège. Navi Pillay a plaisanté : « Si vous applaudissez encore un peu, je partagerai peut-être ce prix avec Trump. » The Daily Star note que la condamnation des sanctions vient « de tous les horizons, sauf d'Israël ». La remise du prix est fixée au 10 décembre à Oslo.
SOURCES (2)
- The Daily StarMOYEN
- TBS NewsMOYEN
