ANGLE DOMINANT
Rome décode ce Nobel comme un message politique adressé à Washington et Jérusalem, et retient surtout la violence des réactions de Netanyahu et de Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le comité Nobel a distingué Navi Pillay, 85 ans, pour avoir veillé à ce que « crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide » soient poursuivis (ANSA, La Repubblica).
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Netanyahou a accusé Pillay de « diaboliser les Juifs » et le ministère israélien des Affaires étrangères a évoqué « Goebbels qui applaudit depuis l'enfer » (ANSA, La Repubblica).
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Guterres a salué en Pillay une « paladine du droit international », affirmant que « la force du droit doit prévaloir sur la loi de la force » (Libero Quotidiano).
ANALYSE
Rome, 10 octobre 2026. La presse italienne accueille le Nobel de la paix attribué vendredi 9 octobre à Navanethem « Navi » Pillay comme un geste à portée politique. La Repubblica y voit « un prix à la défense du droit international, en un moment où ses institutions sont de plus en plus attaquées » et juge que le choix revêt une signification politique face aux contestations du système multilatéral. L'ANSA reprend la formule du comité norvégien : garantir que « les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide soient poursuivis ».
Les agences détaillent le parcours de la lauréate : née en 1941, avocate de la lutte contre l'apartheid, première femme non blanche juge à la Haute Cour d'Afrique du Sud, puis juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la CPI, haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme de 2008 à 2014. L'ANSA relève que le président du comité, Jørgen Watne Frydnes, a tenu à préciser que la décision ne découlait pas de la guerre à Gaza, tout en rappelant que Pillay a présidé la commission d'enquête de l'ONU qui a accusé Israël de génocide dans la bande de Gaza. Apprise à Nuremberg, la nouvelle lui a inspiré une boutade rapportée par les deux médias : « Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump ». Elle a dédié le prix « à tous les survivants de crimes internationaux ».
Le récit italien met ensuite au premier plan la riposte. Selon l'ANSA, Benyamin Netanyahou a affirmé que « Pillay diabolise les Juifs » et qu'elle a « construit un faux dossier contre Israël » ; le ministère israélien des Affaires étrangères a lancé que « Joseph Goebbels applaudit certainement depuis l'enfer », citation reprise jusque dans le titre de La Repubblica. Donald Trump a partagé sur Truth un message jugeant le prix « une honte irréparable », puis les États-Unis ont sanctionné la CPI quelques heures plus tard, l'agence liant explicitement cette décision à l'annonce.
Libero Quotidiano, via l'agence Vista, donne la parole à Antonio Guterres, qui salue en Pillay une « paladine du droit international » et affirme que « la force du droit doit prévaloir sur la loi de la force ». La Repubblica ajoute un éclairage annexe : Pillay avait démissionné en 2017 du comité de gouvernance de la FIFA en dénonçant des « interférences inopportunes » et des pressions de la direction dirigée par Gianni Infantino.
