ANGLE DOMINANT
La Paz décrypte le Nobel de la paix de Navi Pillay à travers son effet sur Donald Trump : la presse bolivienne retient la réaction du président américain et le parallèle avec le Venezuela.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Navi Pillay a reçu le Nobel de la paix vendredi 9 octobre, pour son action en faveur du droit international, d'après La Razón.
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Elle a présidé la commission de l'ONU qui a conclu l'an dernier à un génocide israélien à Gaza, commission qui ne parle pas au nom de l'ONU.
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Donald Trump traite le comité Nobel de « corrompu », dit que Pillay est une inconnue et invoque le Venezuela : « au vainqueur revient le butin », selon El Deber.
ANALYSE
La Paz, 10 octobre 2026. La presse bolivienne couvre le Nobel de la paix 2026 sous deux angles : le portrait d'une juriste et la réaction de Washington.
La Razón rapporte que la Sud-Africaine Navi Pillay, ancienne juge de la Cour pénale internationale, a obtenu le prix vendredi 9 octobre pour son action en faveur du droit international, à un moment où, selon le jury, la justice est « sous attaque ». Le journal rappelle son parcours : avocate d'origine indienne sous l'apartheid, elle a défendu des militants, dont Nelson Mandela, et obtenu des droits fondamentaux pour des prisonniers politiques. Elle est ensuite passée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda et par la CPI, puis a été haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme de 2008 à 2014.
La Razón souligne aussi qu'elle a présidé la commission d'enquête mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur les territoires palestiniens et Israël. Cette commission, précise le quotidien, ne parle pas au nom de l'ONU et a conclu l'an dernier qu'Israël avait commis un génocide à Gaza. Pour le journal, c'est l'une des raisons pour lesquelles ce Nobel pourrait irriter le président américain, qui a répété combien il souhaitait le recevoir. Pillay a plaisanté : « Si vous applaudissez un peu plus fort, peut-être partagera-t-elle le prix avec Trump ». Sa première réaction a été de croire à une blague : « En tant qu'avocate et juge, je veux encore vérifier ».
El Deber publie un portrait la présentant comme l'une des figures majeures de la défense de la justice internationale. Il rappelle qu'elle a siégé comme juge ad hoc à la Cour internationale de Justice dans l'affaire Gambie contre Myanmar, au titre de la Convention sur le génocide, et qu'elle préside la Commission internationale contre la peine de mort, basée à Madrid.
Le même quotidien rend compte de la réplique de Trump, qui qualifie le comité Nobel de « corrompu » et affirme que Pillay est une inconnue. Il rappelle que la Vénézuélienne María Corina Machado, lauréate de l'an dernier, lui a offert sa médaille, et que le président américain en a profité pour mettre en avant l'intervention des États-Unis au Venezuela, avec la formule « au vainqueur revient le butin ».
Les articles du corpus ne détaillent ni les sanctions américaines contre la CPI ni les réactions des États membres de la Cour. Le récit bolivien reste centré sur le duel entre la lauréate et la Maison-Blanche.
