ANGLE DOMINANT
La Haye défend la Cour : la presse néerlandaise lit le Nobel de Navi Pillay comme un hommage à une juge des institutions installées chez elle, au moment où Washington sanctionne la CPI elle-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
DutchNews : Navi Pillay, 85 ans, ancienne juge de la CPI et de la CIJ, a reçu le Nobel de la paix vendredi 9 octobre ; elle a présidé la commission de l'ONU qui a conclu à un génocide commis par Israël.
- 02
DutchNews : les États-Unis sanctionnent la CPI en tant qu'institution, une première, après treize membres de son personnel ; Rob Jetten promet de la protéger « pierre par pierre » et Tom Berendsen regrette une « nouvelle escalade indésirable ».
- 03
De Telegraaf : Donald Trump qualifie l'attribution du prix à Pillay de « décision honteuse et gênante » lors d'un meeting dans l'État de New York.
ANALYSE
La Haye, 10 octobre 2026. La presse néerlandaise traite le Nobel de la paix de Navanethem Pillay comme une affaire de maison. DutchNews présente la juriste sud-africaine de 85 ans comme une ancienne juge de la Cour pénale internationale (CPI) et de la Cour internationale de justice, deux institutions siégeant à La Haye. Le prix a été annoncé vendredi 9 octobre à Oslo. Le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes, y voit une personnalité qui a demandé des comptes aux États et aux dirigeants et apporté de l'espoir aux victimes de violences.
Le récit insiste sur le parcours judiciaire : avocate de Nelson Mandela et d'autres militants anti-apartheid, présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, juge à la chambre d'appel de la CPI de 2003 à 2008, puis haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, de 2008 à 2014 selon NRC. DutchNews rappelle qu'elle a présidé la commission onusienne qui a conclu qu'Israël avait commis un génocide. Depuis Nuremberg, Pillay a plaisanté : si le public applaudit davantage, elle pourrait partager le prix avec Trump.
Le second volet est la riposte américaine. Selon DutchNews, Washington a annoncé des sanctions d'ampleur contre la CPI, quelques heures après le Nobel. Marco Rubio a promis d'interdire les transactions avec cette « rogue court » pour étouffer ses ressources. C'est la première fois que l'institution est visée en tant que telle ; treize membres actuels ou anciens de son personnel l'étaient déjà. Les sanctions coupent la Cour des entreprises américaines, y compris les prestataires financiers et technologiques.
Le gouvernement néerlandais répond sur le même registre. Le Premier ministre Rob Jetten avait promis de protéger la CPI « pierre par pierre ». Le ministre des Affaires étrangères Tom Berendsen a parlé d'une « nouvelle escalade indésirable » et dit regretter profondément ce pas.
NRC replace le prix dans la série des Nobel contestés : celui de 2025, attribué à María Corina Machado, avait été jugé contre-productif après qu'elle a offert sa médaille à Donald Trump, qui revendique le prix à plusieurs reprises. De Telegraaf, samedi 10 octobre, rapporte que Trump a qualifié lors d'un meeting dans l'État de New York la décision de « honteuse et gênante » et s'en est pris à la Norvège.
SOURCES (3)
- DutchNewsMOYEN
- De TelegraafMOYEN
- NRCMOYEN
