ANGLE DOMINANT
Lima retient du Nobel de la paix à Navi Pillay surtout son face-à-face avec Donald Trump : la presse péruvienne souligne l'ironie de la lauréate, la mémoire du geste de María Corina Machado et le message du comité d'Oslo sur des juges désormais sanctionnés.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le comité Nobel norvégien a attribué le prix de la paix 2026 à Navi Pillay « pour son travail en faveur de la paix et du droit international » (Gestión).
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Jørgen Watne Frydnes a affirmé que la lauréate a joué un rôle clé pour que crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide soient poursuivis (Gestión).
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À Nuremberg, Pillay a plaisanté : « si vous applaudissez un peu plus, je partagerai peut-être ce prix avec Trump », en référence au geste de María Corina Machado (RPP, El Comercio).
ANALYSE
Lima, 10 octobre 2026. La presse péruvienne a traité le Nobel de la paix 2026 par deux entrées : le texte du comité norvégien et la repartie de la lauréate sur Donald Trump.
Gestión rapporte que le prix a été attribué à la juge sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay « pour son travail en faveur de la paix et du droit international », annoncé vendredi 9 octobre à Oslo. Le titre du quotidien économique donne le ton : « Trump no ganó el premio ». Le président du comité, Jørgen Watne Frydnes, y est cité : la lauréate a ouvert, avec « une valeur et une intégrité exceptionnelles », la voie vers un ordre juridique mondial plus large et plus inclusif, et a joué un rôle central pour que crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide soient poursuivis.
Le quotidien reprend la thèse du comité : « la paix exige la justice », et un monde sans « loi » serait « injuste, imprudent et inhumain ». Il relève aussi l'avertissement de l'institution : alors que des juges sont sanctionnés et leurs institutions attaquées, le monde a besoin de personnes dotées de courage, de vision et de détermination. Le comité souligne que Pillay a exigé des comptes des États et de leurs dirigeants.
El Comercio et RPP, qui reprennent la même dépêche, s'attardent sur la scène de Nuremberg. Navi Pillay se trouvait dans cette ville, à l'Académie internationale des principes de Nuremberg dont elle est membre, et a tenu sa conférence de presse dans la salle historique où furent jugés les criminels de guerre nazis. À son arrivée, devant des applaudissements, elle a lancé : « si vous applaudissez un peu plus, je partagerai peut-être ce prix avec Trump ». La vidéo a été diffusée par Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International.
Les deux médias rattachent aussitôt la plaisanterie au précédent de l'an dernier : la lauréate vénézuélienne María Corina Machado, qui a reçu le Nobel après une fuite mouvementée de son pays sans arriver à temps à la cérémonie d'Oslo, a offert ensuite la médaille à Trump, lequel avait répété son mécontentement de ne pas être distingué. Un geste qui avait conduit l'Institut Nobel norvégien à rappeler que la distinction est personnelle et intransmissible.
Le parcours de la lauréate est rappelé en une phrase : juge de la Haute Cour d'Afrique du Sud, du Tribunal pénal international pour le Rwanda et de la Cour pénale internationale, puis haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Les articles du corpus péruvien ne détaillent ni les sanctions américaines visant la CPI ni la position d'Israël.
