ANGLE DOMINANT
Bogotá retient du Nobel de Navi Pillay une défense de la justice internationale, aussitôt mise à l'épreuve par les sanctions de Washington contre la Cour pénale internationale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Nobel de la paix 2026 a été attribué vendredi 9 octobre à Navi Pillay, 85 ans, ancienne juge du tribunal pour le Rwanda et de la CPI, ancienne haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme (2008-2014).
- 02
Le gouvernement israélien a critiqué le prix, y voyant un « usage grotesque » d'un prix « comme arme » contre Israël, en raison de la commission de l'ONU présidée par Pillay entre 2021 et 2025.
- 03
Washington a annoncé des sanctions contre la CPI le jour même ; Amnesty International appelle les États à « résister » et Guterres évoque un « coup grave » pour la justice internationale.
ANALYSE
Bogotá, 10 octobre 2026. Les médias colombiens couvrent l'attribution du Nobel de la paix 2026 à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, annoncée vendredi 9 octobre par le comité norvégien. Portafolio reprend les mots du président du comité, Jørgen Watne Frydnes, qui salue une personne dont « la valeur et l'intégrité exceptionnelles » ont ouvert la voie à un ordre juridique mondial plus large, et rappelle la formule du jury : « La paix exige la justice ». Le comité souligne que des juges sont aujourd'hui sanctionnés et leurs institutions attaquées.
El Colombiano insiste sur le parcours : avocate d'origine indienne sous l'apartheid, défenseuse d'activistes dont Nelson Mandela, juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda puis à la CPI, haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme de 2008 à 2014. Le quotidien de Medellín note aussi son rôle dans la reconnaissance du viol comme crime de guerre et sa fonction actuelle de juge ad hoc dans l'affaire opposant la Birmanie à une accusation de génocide.
La dimension israélienne occupe une place nette. Le journal rappelle que Pillay a présidé de 2021 à 2025 la commission d'enquête de l'ONU qui a conclu en septembre 2025 à un génocide à Gaza. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a critiqué le prix, qu'il décrit comme un « usage grotesque » d'un prix « comme arme » contre Israël, et son ministère des Affaires étrangères a eu recours à une référence à Joseph Goebbels. Le quotidien cite ces propos sans les commenter.
Le second volet est l'annonce américaine : Washington a imposé des sanctions à la CPI quelques heures après le prix et dit vouloir « défendre la souveraineté américaine et ses citoyens », selon le Département d'État. Amnesty International, par la voix d'Erika Guevara Rosas, juge que les sanctions de Donald Trump visent à « isoler et, en dernier ressort, détruire » la Cour et appelle les États à « résister ». La Cour répond que « l'histoire jugera ce moment », et António Guterres parle d'un « coup grave » porté à la justice internationale.
Le traitement colombien reste informatif et centré sur le droit : le prix est lu comme un signal en faveur des tribunaux internationaux au moment où l'un d'eux est visé, les positions israélienne et américaine étant rapportées comme des réactions.
SOURCES (2)
- El ColombianoMOYEN
- Gobierno de Netanyahu arremete contra Navi Pillay, la nueva Nobel de la Paz que acusó a Israel de genocidio en Gaza
- Navi Pillay gana el Nobel de Paz: la jueza que impulsó el reconocimiento de la violación como crimen de guerra
- Amnistía Internacional pidió resistir el ataque de EE. UU. a la Corte Penal Internacional tras Nobel de Paz a Navi Pillay
- PortafolioMOYEN
