ANGLE DOMINANT
Copenhague retient du Nobel à Navi Pillay un plaidoyer pour l'ordre juridique international, face à des attaques américaines contre la Cour pénale internationale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le comité Nobel norvégien a salué Navi Pillay, 85 ans, pour avoir contribué à ce que les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides soient poursuivis (Politiken, Berlingske).
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Pillay dédie le prix aux « survivants de crimes internationaux » et affirme que le droit international subit des attaques politiques, dont celles visant la CPI (Berlingske, citant l'AFP).
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Les ministres des Affaires étrangères du Danemark, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, du Canada et du Japon ont signé une déclaration de soutien à la CPI face aux sanctions américaines (DR Nyheder).
ANALYSE
Copenhague, 10 octobre 2026. Dans la presse danoise, le prix Nobel de la paix attribué vendredi 9 octobre à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay est d'abord lu comme un hommage à l'État de droit. Politiken relaie la motivation du comité Nobel norvégien, réuni à Oslo : Pillay a été « décisive » pour que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide soient poursuivis, et elle a, selon le comité, « tenu des États et des dirigeants nationaux pour responsables ». Le journal rappelle son parcours : avocate sous l'apartheid, elle a défendu des opposants au régime, dont Nelson Mandela, puis siégé à la Cour suprême sud-africaine, au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la Cour pénale internationale. Elle a aussi été haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Le prix s'accompagne de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 8 millions de couronnes danoises.
Berlingske, citant l'AFP, rapporte que la lauréate dédie sa récompense aux « survivants de crimes internationaux ». Elle affirme que le droit international et les droits humains subissent « des attaques politiques considérables », visibles surtout dans celles visant la CPI. Son message aux dirigeants politiques : ils ont « une obligation juridique » de protéger les droits humains et de s'abstenir de faire la guerre. Le quotidien note que Donald Trump avait appelé, le mois dernier, les États membres à quitter la Cour, qu'il décrit comme une institution agissant hors du cadre de la loi. Le comité Nobel, lui, veut « rappeler au monde » que l'État de droit, national comme international, soutient le système conçu pour préserver la paix.
La lecture la plus tranchée vient d'un texte d'analyse de Politiken, intitulé « Elle incarne ce que Trump déteste ». Il y voit un coup porté à la politique étrangère américaine et une défense de l'idée que même les plus puissants doivent être tenus par la loi.
DR Nyheder ajoute la dimension gouvernementale. Les ministres des Affaires étrangères du Danemark, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, du Canada et du Japon ont publié une déclaration commune de soutien à la CPI. Si elles entraient en vigueur, les sanctions américaines auraient selon eux « des conséquences considérables » pour le travail de la Cour, ses agents et leurs familles. L'UE, la Belgique et la Norvège ont également exprimé leur inquiétude. Le Danemark apparaît ainsi dans les articles à la fois comme observateur d'un prix norvégien et comme signataire d'une prise de position officielle.
