ANGLE DOMINANT
Montevideo met en regard le Nobel décerné à une juge du droit international et les sanctions américaines contre la CPI, deux faits que sa presse lit comme un affrontement entre le droit et la politique de puissance.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Navi Pillay, 85 ans, a reçu le Nobel de la paix 2026 « por sus esfuerzos para promover la paz y el derecho internacional » (Subrayado, La Diaria).
- 02
Marco Rubio a déclaré : « O la CPI pone fin a sus amenazas, o nosotros acabaremos con la CPI », en annonçant l'interdiction des transactions avec la Cour (El Observador).
- 03
La Cour a répondu que « la historia juzgará este momento » et qualifié les sanctions d'attaque contre l'État de droit (El Observador).
ANALYSE
Montevideo, 10 octobre 2026. Les médias uruguayens traitent d'un seul tenant deux événements du vendredi 9 octobre : l'attribution du Nobel de la paix à Navi Pillay et les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale.
Subrayado présente la lauréate comme une « jueza sudafricana », ancienne avocate de Nelson Mandela et ex-juge de la CPI, âgée de 85 ans. Le média rappelle qu'elle a présidé la commission d'enquête indépendante de l'ONU qui a accusé Israël de commettre un génocide à Gaza. Il relaie le jury, selon lequel elle a été « fondamentale » pour que crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide soient poursuivis.
El Observador, dans une dépêche reprise de BBC News Mundo, insiste sur le discours du président du comité, Jørgen Watne Frydnes. Celui-ci voit un fil conducteur entre la défense de Mandela et des opposants à l'apartheid et le travail de juge dans des affaires internationales majeures. Il avertit que le droit international subit une « énorme pression » et que gagne du terrain ce qu'il appelle la « política de poder » : « Cuando la fuerza se impone a la razón, socava la estabilidad ». Le journal rapporte aussi la réaction de la lauréate, qui a d'abord cru à une plaisanterie : « Esto debe ser una broma ».
Le second volet vient d'El Observador. Marco Rubio y affirme que le président Trump « nunca permitirá » que la CPI juge des Américains et annonce l'interdiction des transactions avec ce « tribunal ilegal ». Il lance : « O la CPI pone fin a sus amenazas, o nosotros acabaremos con la CPI », et demande aux alliés membres de la Cour de la contrôler, faute de quoi Washington continuerait à la démanteler « ladrillo por ladrillo ». Le journal rappelle que la Cour a ordonné l'arrestation de Vladimir Poutine et de Benjamin Netanyahou.
La Cour rejette ces mesures et affirme que « la historia juzgará este momento ». Elle y voit une attaque contre l'État de droit et contre le principe selon lequel nul n'est au-dessus de la loi. La Diaria titre sur le Nobel et note que Donald Trump s'en est pris au comité qui décerne le prix, tandis que son gouvernement émettait de nouvelles sanctions « pocas horas después » de l'annonce.
La couverture uruguayenne s'attache ainsi à la tension entre une institution judiciaire et la puissance qui la combat, plus qu'à la dimension israélo-palestinienne du parcours de Pillay, mentionnée sans développement dans les extraits disponibles.
SOURCES (3)
- SubrayadoMOYEN
- La DiariaMOYEN
- El ObservadorMOYEN
