ANGLE DOMINANT
Stockholm tranche en faveur du droit international : le Nobel de Navi Pillay et les sanctions américaines contre la CPI sont traités comme un même test pour l'ordre juridique mondial, où la Suède réaffirme son soutien à la Cour.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le comité Nobel norvégien a distingué Navi Pillay, 85 ans, vendredi 9 octobre, « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international » (Dagens Nyheter).
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La ministre suédoise des Affaires étrangères Maria Malmer Stenergard a écrit que la Suède continuerait de soutenir la CPI, son indépendance et son intégrité (Aftonbladet).
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Marco Rubio a annoncé des sanctions pour « couper les ressources » de la CPI, quelques heures après le prix ; Netanyahu les a saluées, l'ONU et l'UE les ont critiquées (Aftonbladet, DN).
ANALYSE
Stockholm, 10 octobre 2026. Dagens Nyheter, Svenska Dagbladet, Aftonbladet et Sveriges Radio rapportent que le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi 9 octobre à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international », selon la motivation du comité norvégien.
Les quotidiens retracent son parcours : une enfance modeste à Durban, des études à Harvard, une carrière d'avocate opposée à l'apartheid et ayant défendu des prisonniers politiques, dont Nelson Mandela, puis la présidence du tribunal pénal pour le Rwanda, le poste de haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme et la présidence, jusqu'en 2025, de la commission d'enquête de l'ONU sur le territoire palestinien occupé. Le président du comité, Jørgen Watne Frydnes, la dit « déterminante » pour que crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide soient poursuivis. Pillay, jointe à Nuremberg où elle assistait à une conférence juridique, dédie le prix aux survivants et à tous ceux qui défendent la justice internationale. Une vidéo la montre plaisanter : « Si vous applaudissez encore, je partagerai peut-être le prix avec Trump ».
La radio publique convoque des voix suédoises. Mark Klamberg, professeur de droit international à l'université de Stockholm, qui a travaillé dans le même service qu'elle à la CPI, y voit le rappel que la justice internationale reste un processus « en cours, mais incomplet ». Hanna Gerdes, de Civil Rights Defenders, salue un prix signifiant que « personne n'est au-dessus de la loi ». L'ancien ministre des Affaires étrangères Jan Eliasson évoque une personne « de grande intégrité, forte et tenace ». Le correspondant d'Ekot, Daniel Alling, anticipe un choix « controversé », Israël ayant probablement des objections.
Le second volet domine ensuite : Aftonbladet et DN relatent les sanctions annoncées par Washington contre la CPI, quelques heures après le Nobel. Marco Rubio y dénonce une « cour voyou » dont il faut « couper les ressources ». La CPI parle d'« une attaque contre l'état de droit », la Commission européenne se dit « profondément » critique, Antonio Guterres se déclare « profondément préoccupé » et Volker Türk juge les sanctions « inacceptables ». Benjamin Netanyahu les salue, estimant que la CPI est « un organe politique ». La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, écrit sur X : « La Suède continuera de soutenir la CPI, son indépendance et son intégrité. »
