ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur décode le Nobel de Navi Pillay à travers la colère de Donald Trump contre Norvège et comité Nobel, la presse malaisienne plaçant Washington face à Oslo plutôt que le prix lui-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Navi Pillay, 85 ans, ancienne juge de la CPI et ex-haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a reçu le Nobel de la paix vendredi 9 octobre ; la cérémonie est prévue à Oslo le 10 décembre, avec 1,2 million de dollars.
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Lors d'un meeting à Syracuse, Donald Trump a qualifié le choix de « honteux et embarrassant » et de « tache indélébile » pour la Norvège, affirmant que les États-Unis auraient dû recevoir le prix.
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Navi Pillay a dirigé la commission d'enquête de l'ONU qui a conclu l'an dernier à un génocide à Gaza, et a plaisanté en disant qu'elle partagerait peut-être le prix avec Trump.
ANALYSE
Kuala Lumpur, 10 octobre 2026. Les médias malaisiens consacrent leur couverture du Nobel de la paix 2026 moins au parcours de la lauréate qu'à l'affrontement qui a suivi son annonce, vendredi 9 octobre, entre Washington et Oslo.
Malay Mail, reprenant une dépêche de l'AFP datée d'Oslo, rapporte la réaction de Navi Pillay, 85 ans, juriste sud-africaine. Apprenant le prix à Nuremberg, elle a d'abord cru à une plaisanterie : « Étant avocate et juge, je veux encore vérifier », a-t-elle dit. Elle a aussi plaisanté devant la foule qui l'applaudissait : « Si vous applaudissez encore un peu, je partagerai peut-être ce prix avec Trump. » Le quotidien précise que le prix comprend une médaille d'or, un diplôme et 1,2 million de dollars, et que la cérémonie aura lieu à Oslo le 10 décembre.
Le même article insiste sur le rapport de la commission d'enquête de l'ONU sur Gaza. Navi Pillay y voit « la dernière chose » qu'elle a faite : le document qualifie de génocide ce qui se passe dans le territoire. Elle s'étonne qu'on salue son « courage » : « pourquoi faudrait-il du courage pour dire la vérité ? » Malay Mail rappelle que cette commission ne parle pas au nom de l'ONU.
The Sun MY et The Vibes se concentrent sur Donald Trump. Lors d'un meeting à Syracuse (New York), le président américain a jugé la décision « honteuse et embarrassante », y a vu « une tache indélébile » sur la Norvège, a dit n'avoir « jamais entendu parler » de la lauréate et a affirmé que les États-Unis, « représentés par moi », auraient dû recevoir le prix. Il a ajouté que le Nobel était « discrédité à jamais » par « une poignée d'idéologues radicaux » et lancé : « Nous n'oublierons pas, Norvège. »
The Sun MY relève que, selon des experts interrogés à Oslo avant l'annonce, la guerre contre l'Iran, les visées sur le Groenland, la ligne dure sur les migrants et les attaques contre le multilatéralisme l'écartaient du prix. The Vibes note que Trump a énuméré des conflits qu'il dit avoir aidé à résoudre, entre Corée du Nord et du Sud ou Chine et Taïwan, sans fournir de preuves.
Les trois articles décrivent un prix qui attire l'attention sur Gaza et sur la justice internationale. Aucun ne rapporte, dans le pool fourni, les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale ni les réactions israélienne ou européennes.
