ANGLE DOMINANT
Islamabad retient de ce Nobel une victoire du droit international sur la puissance : la presse pakistanaise met en avant l'enquête onusienne sur Gaza de Navi Pillay et la riposte américaine contre la CPI.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Navi Pillay, 85 ans, a reçu le Nobel de la paix 2026 « for her efforts to promote peace and international law » ; elle a présidé de 2021 à novembre 2025 la commission d'enquête de l'ONU sur le territoire palestinien occupé et Israël (The Express Tribune).
- 02
L'administration Trump a sanctionné la CPI quelques heures après l'annonce, avec un délai de grâce initial de six mois et des exemptions (télécoms, logiciels, pensions) ; la Cour a dénoncé une « assault on the rule of law » (Business Recorder, Geo News).
- 03
À Syracuse, Donald Trump a parlé d'« indelible stain » sur la Norvège et traité Pillay de « mystery person » (Business Recorder).
ANALYSE
Islamabad, 10 octobre 2026. Les médias pakistanais, de The Express Tribune à Geo News, présentent le Nobel de la paix décerné vendredi 9 octobre à Navi Pillay d'abord par le prisme de Gaza. The Express Tribune la décrit comme « the South African jurist who led a UN inquiry that concluded Israel had committed genocide against Palestinians in Gaza », et rappelle qu'elle a présidé de 2021 à novembre 2025 la commission d'enquête sur le territoire palestinien occupé et Israël. Le quotidien précise que cette commission a aussi attribué des crimes de guerre au Hamas et à d'autres groupes armés palestiniens.
Le parcours est restitué avec soin. Geo News rappelle que cette femme de 85 ans, née à Durban dans une famille tamoule d'origine indienne, a ouvert en 1967 le premier cabinet d'avocate de la province du Natal, défendu des militants anti-apartheid dont Nelson Mandela, puis contribué au Tribunal pénal international pour le Rwanda à faire reconnaître le viol comme acte de génocide. The Nation Pakistan souligne qu'elle est la cinquième lauréate sud-africaine, après Mandela et Desmond Tutu. Le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes, est cité : son travail a été « instrumental in ensuring that war crimes, crimes against humanity, and genocide are prosecuted ».
Le second temps du récit est la riposte de Washington. Business Recorder, ARY News et Geo News, qui reprennent la dépêche Reuters, rapportent que l'administration Trump a sanctionné la CPI elle-même quelques heures après l'annonce, ce qui la met « on a diplomatic collision course with European allies ». Marco Rubio y qualifie la Cour de « rogue court » qu'il s'agit de priver de ressources. La Cour dénonce une « assault on the rule of law » et appelle ses 125 États membres à la défendre : « The Court cannot stand alone ». Les médias notent un délai de grâce de six mois et des exemptions pour les télécommunications, les logiciels et les pensions.
Le troisième volet est la querelle entre Donald Trump et Oslo. Business Recorder et Daily Times rapportent qu'à Syracuse, lors d'un meeting, il a parlé d'« indelible stain » sur la Norvège et traité la lauréate de « mystery person ». Les journaux relèvent aussi la plaisanterie de Pillay à Nuremberg : « If you clap a little bit more I may share this prize with Trump ». Les articles fournis ne relaient pas de réaction officielle d'Islamabad ni de réaction israélienne détaillée.
SOURCES (6)
- The Express TribuneMOYEN
- The Nation PakistanMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
