ANGLE DOMINANT
Jérusalem tranche : le Nobel de la paix décerné à Navi Pillay est lu comme le prix de l'auteure d'une enquête onusienne sur Gaza, et le débat sur les sanctions américaines contre la CPI passe au second plan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi 9 octobre à Navi Pillay, qui a présidé la commission d'enquête de l'ONU dont le rapport de septembre 2025 concluait à un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a jugée « scandaleuse » (Jerusalem Post).
- 02
Benjamin Netanyahu a condamné ce Nobel en affirmant qu'il avait « perdu sa boussole morale » (Arutz Sheva).
- 03
Huit alliés des États-Unis ont déclaré « regretter et désapprouver fermement » les sanctions américaines contre la CPI, imposées quelques heures après l'annonce du prix (Haaretz).
ANALYSE
Jérusalem, 10 octobre 2026. Le Jerusalem Post titre sur « Navi Pillay, qui a accusé Israël de génocide à Gaza » : le prix Nobel de la paix, attribué vendredi 9 octobre à la juriste sud-africaine, est d'abord présenté par le prisme de la commission d'enquête de l'ONU qu'elle a présidée. Le quotidien rappelle que, en septembre 2025, ce rapport a conclu qu'Israël avait commis un génocide à Gaza et que des responsables, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avaient incité à ces actes, des accusations qu'Israël a jugées « scandaleuses ». Le comité Nobel, lui, cite « ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international » et relie son parcours, de la défense de Nelson Mandela à ses fonctions de juge, par « un fil conducteur ».
Arutz Sheva relaie la réaction de Benjamin Netanyahu, qui juge que le Nobel de la paix « a perdu sa boussole morale » et reproche à la lauréate de propager des accusations anti-israéliennes, tout en critiquant le comité norvégien. La dépêche est brève et ne détaille pas l'argumentation du Premier ministre.
La seconde partie du récit porte sur Washington. Selon le Jerusalem Post, l'administration Trump a imposé vendredi des sanctions à la Cour pénale internationale elle-même, quelques heures après l'annonce du prix, ce qui place les États-Unis en situation de « collision diplomatique » avec leurs alliés européens. Marco Rubio assure que le président « n'autorisera jamais la CPI à poursuivre des Américains » et parle d'une « cour voyou ». La procureure adjointe, Nazhat Shameem Khan, répond que les travaux se poursuivront. Haaretz précise que huit pays alliés des États-Unis « regrettent et désapprouvent fermement » ces sanctions.
Le Jerusalem Post consacre aussi un article à Donald Trump, qui a attaqué le comité lors d'un meeting à Syracuse en jugeant que le prix aurait dû revenir aux États-Unis, et qui a qualifié la lauréate de « personne libérale de l'ONU dont personne n'a jamais entendu parler ». Il traite la décision d'« tache indélébile » pour la Norvège. Le journal note que la commission présidée par Navi Pillay est un organe qui a suscité de vives critiques en Israël.
La couverture israélienne associe ainsi trois éléments : le rejet du rapport sur Gaza, la contestation du choix d'Oslo par Jérusalem et par Washington, et le front des alliés occidentaux de la CPI. Haaretz se concentre sur la réaction de ces alliés, quand les médias plus proches du gouvernement mettent en avant la critique du prix.
SOURCES (3)
- Jerusalem PostMOYEN
- Arutz ShevaMOYEN
- Haaretz EnglishMOYEN
