ANGLE DOMINANT
Berlin mesure l'isolement diplomatique de Netanyahou après une salle désertée par des dizaines de délégations et des attaques frontales contre Londres et Paris sur le colonialisme.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Des dizaines de délégations ont quitté la salle avant même que Netanyahou ne commence à parler, entre sifflets et applaudissements (Tagesschau).
- 02
Netanyahou a qualifié les délégations parties de « lâches moraux » et a invité les autres à sortir à leur tour (Tagesschau, ZEIT Online).
- 03
Il a qualifié l'attaque contre les installations nucléaires iraniennes d'« une des décisions les plus faciles » de sa vie, alors que le rapport annuel non classifié des services de renseignement américains ne fait état d'aucune décision politique iranienne de fabriquer une arme nucléaire (Tagesschau).
ANALYSE
Berlin, vendredi 25 septembre 2026. Pour la presse allemande, la scène qui s'est jouée jeudi devant l'Assemblée générale des Nations unies dit surtout un isolement diplomatique qui s'aggrave. La Tagesschau rapporte que des dizaines de diplomates ont quitté la salle avant même que Benjamin Netanyahou ne monte à la tribune, certains sifflant, d'autres applaudissant. Le Premier ministre israélien a qualifié les délégations parties de « moralische Feiglinge » - lâches moraux - et a invité ceux qui ne l'avaient pas encore fait à sortir à leur tour.
FAZ et ZEIT Online, dont les récits reprennent presque mot pour mot une même dépêche, notent qu'il a rejeté en bloc l'accusation de génocide à Gaza : « Israël des Völkermords zu bezichtigen, ist die größte Lüge des Jahrhunderts », a-t-il dit à New York - accuser Israël de génocide est le plus grand mensonge du siècle. Il a affirmé, à l'inverse, qu'Israël en avait empêché un, sans que les articles allemands ne détaillent davantage cet argumentaire.
ZEIT Online souligne la vigueur avec laquelle Netanyahou s'est retourné contre deux capitales occidentales : il a attaqué le Royaume-Uni et la France sur leur passé colonial pour leur reprocher de qualifier Israël de colonialiste. Les accusations visant le Qatar, la Turquie ou le maire de New York, rapportées ailleurs, n'apparaissent pas dans les articles allemands consultés.
Sur l'Iran, Netanyahou a qualifié l'attaque contre les installations nucléaires iraniennes d'« une des décisions les plus faciles » de sa carrière, affirmant que l'inaction aurait signifié la destruction d'Israël. La Tagesschau nuance ce récit en rappelant que l'évaluation du programme nucléaire iranien diverge selon les sources : le rapport annuel non classifié des services de renseignement américains ne fait état d'aucune décision politique iranienne de fabriquer une arme nucléaire.
Les médias allemands relèvent enfin que Netanyahou, très isolé sur la scène internationale et lâché par plusieurs partenaires occidentaux, n'est resté que quelques heures à New York, multipliant peu les rencontres bilatérales en marge de la session.
SOURCES (3)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
