ANGLE DOMINANT
France essuie une attaque frontale de Benyamin Nétanyahou, qui l'accuse d'avoir inventé le colonialisme qu'elle lui reproche, dans un discours à l'ONU où Paris relève surtout la mise en cause nommée d'Emmanuel Macron avant les législatives israéliennes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Nétanyahou vise nommément la France et le Royaume-Uni, qu'il accuse d'avoir « inventé » le terme colonialisme.
- 02
Il qualifie l'accusation de génocide de « plus grand mensonge du siècle » et affirme qu'Israël a « empêché un génocide », citant l'aide alimentaire et la vaccination contre la polio à Gaza.
- 03
Plusieurs dizaines de manifestants, dont l'actrice Susan Sarandon, ont été interpellés à New York lors d'un rassemblement organisé par Jewish Voice for Peace.
ANALYSE
Paris, 25 septembre 2026. À la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi soir, Benyamin Nétanyahou a fait de la France une cible explicite de son réquisitoire contre les critiques adressées à Israël. « Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ? Parmi eux, il y a des gens en Grande-Bretagne et en France. Bon sang, ce sont eux qui ont inventé le terme ! », a lancé le premier ministre israélien, avant de dénoncer des colonies qui « couvraient la planète entière ».
La presse française relève que ce tir vise les capitales européennes qui, comme Paris, ont durci leur ton sur la Cisjordanie occupée. Le Monde souligne que le discours intervient « à un moment où les critiques internationales, notamment d'Emmanuel Macron, se multiplient contre les violences commises envers les Palestiniens ». Nétanyahou a désigné le président français comme l'une des « incarnations » d'un Occident qui aurait cédé aux « foules antisémites », leaders ayant selon lui « choisi la faiblesse » et « l'apaisement ».
Le premier ministre a par ailleurs qualifié l'accusation de génocide de « plus grand mensonge du siècle », affirmant qu'Israël avait au contraire « empêché un génocide », citant l'aide alimentaire et les campagnes de vaccination contre la polio à Gaza. Des dizaines de délégations ont quitté la salle à l'appel de la mission palestinienne dès sa prise de parole ; il les a qualifiées de « lâches moraux », assurant qu'en frappant les installations nucléaires iraniennes, Israël avait défendu « bon nombre de pays dont les représentants viennent de quitter cette salle ».
Le discours a aussi visé le maire de New York, Zohran Mamdani, accusé de soutenir le Hamas et qualifié d'antisémite ; l'élu a répliqué qu'aucun « mensonge » ne changeait le fait que Nétanyahou reste « sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale ». À l'extérieur du siège de l'ONU, la police new-yorkaise a interpellé plusieurs dizaines de manifestants réunis par Jewish Voice for Peace, dont l'actrice Susan Sarandon, selon RFI, BFMTV et 20 Minutes.
La presse française note enfin que ce réquisitoire, prononcé un mois avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre, mêle offensive diplomatique contre les Européens et stratégie de politique intérieure.
SOURCES (7)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- L'ObsMOYEN
- BFMTVMOYEN
