ANGLE DOMINANT
New Delhi resitue le discours de Nétanyahou à l'ONU dans le calendrier électoral serré qu'il traverse chez lui, à cinq semaines des législatives du 27 octobre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Netanyahu s'exprimait "facing a difficult reelection campaign at home", dans une course serrée avant les élections israéliennes du 27 octobre (Deccan Chronicle).
- 02
Des dizaines de délégués ont quitté la salle à l'appel de la mission palestinienne à l'ONU ; Netanyahu les a traités de "moral cowards" (Swarajya).
- 03
Zohran Mamdani, maire de New York qualifié d'"antisémite" par Netanyahu, a répondu que celui-ci reste visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre (Deccan Chronicle).
ANALYSE
New Delhi, 25 septembre 2026. Le discours prononcé jeudi par Benyamin Nétanyahou à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies est lu par la presse indienne avant tout comme un exercice de politique intérieure. Deccan Chronicle le note d'emblée : le Premier ministre israélien, « confronté à une campagne de réélection difficile chez lui », s'exprimait devant l'ONU alors qu'il est engagé dans une course serrée pour rester au pouvoir lors des élections législatives du 27 octobre. Swarajya retient la même mise en perspective, rappelant que ce discours intervenait lors de la troisième journée du débat général de la 81e session de l'Assemblée générale, tenu du 22 au 28 septembre à New York.
Dans la salle, des dizaines de délégués ont quitté leur siège à l'entrée de Nétanyahou, certains huant, tandis que son équipe se levait pour applaudir ; le président de l'Assemblée, Khalilur Rahman, a dû rappeler l'ordre à plusieurs reprises. La mission palestinienne à l'ONU avait appelé en amont à ce retrait collectif, présenté comme une protestation contre la conduite d'Israël à Gaza. Nétanyahou a répliqué sans attendre : « S'il reste d'autres lâches moraux qui n'ont pas encore quitté cette salle, qu'ils le fassent maintenant. »
La presse indienne relève aussi la salve visant Iran, Royaume-Uni, France et Turquie, ainsi que le maire de New York Zohran Mamdani, qualifié d'« antisémite » — une attaque à laquelle l'élu new-yorkais a répondu en accusant Nétanyahou de répéter des « mensonges sans fondement destinés à blanchir son génocide des Palestiniens » et en rappelant qu'il reste visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Nétanyahou a par ailleurs défendu l'offensive contre l'Iran comme l'une des décisions « les plus faciles » de son mandat, invoquant la menace du programme nucléaire iranien, et affirmé qu'en se défendant, Israël protégeait aussi les pays dont les représentants venaient de sortir de la salle.
Pour New Delhi, ce moment onusien illustre moins une nouvelle étape judiciaire ou diplomatique qu'un calcul électoral assumé : un chef de gouvernement qui transforme la tribune mondiale en plateforme de campagne, à cinq semaines d'un scrutin où sa survie politique est en jeu.
