ANGLE DOMINANT
Oslo dissocie l'attitude protocolaire de sa délégation, restée assise impassible dans l'hémicycle, de la condamnation ferme prononcée ensuite par son ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La délégation norvégienne, menée par le ministre Espen Barth Eide, est restée assise pendant que des dizaines de délégations quittaient la salle (VG).
- 02
Nétanyahou a qualifié de « lâches moraux » les délégués sortants et affirmé qu'Israël protégeait plusieurs des pays qu'ils représentent (Aftenposten).
- 03
Aftenposten relève qu'un mandat d'arrêt de la CPI vise Nétanyahou pour crimes de guerre à Gaza, sans effet sur sa présence à New York car les États-Unis ne reconnaissent pas la Cour.
ANALYSE
Oslo, 25 septembre 2026. Quand Benyamin Nétanyahou a ouvert son discours à l'Assemblée générale de l'ONU en lançant que les « lâches moraux » encore présents pouvaient sortir maintenant, la délégation norvégienne, conduite par le ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide, est restée assise. Aftenposten et VG racontent la même scène : dans l'hémicycle new-yorkais, des dizaines de délégations se sont levées et ont quitté la salle avant même que le Premier ministre israélien ne prenne la parole, tandis que la tribune norvégienne conservait, selon VG, des « visages de poker bien entraînés ». Au balcon, la presse israélienne et des invités applaudissaient et entonnaient des chants de soutien ; en bas, Nétanyahou s'adressait à une salle à moitié vide, un scénario que VG juge désormais habituel à ses interventions onusiennes.
Le silence protocolaire d'Oslo ne vaut pas approbation. Selon Aftenposten, le ministre Espen Barth Eide a ensuite critiqué durement le discours. Nétanyahou y a rejeté les accusations de génocide à Gaza, où plus de 73 000 personnes sont mortes selon le bilan cité par le journal, les qualifiant de « plus grand mensonge » et demandant si un pays commettant un génocide laisserait entrer l'aide humanitaire. Il a affirmé qu'Israël protégeait plusieurs des pays dont les délégués venaient de sortir.
Sur l'Iran, le Premier ministre a présenté la destruction du programme nucléaire comme « l'une des décisions les plus faciles » de sa carrière. Aftenposten relativise l'ampleur réelle des dégâts : les inspecteurs de l'AIEA ne sont pas revenus sur les sites, certains enfouis en montagne pourraient être largement intacts, et Téhéran maintient depuis plus de vingt ans ne pas chercher l'arme nucléaire, même si des experts redoutent un changement de position après la guerre. Nétanyahou a remercié Donald Trump et promis de « continuer à gagner ».
Le journal rappelle qu'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale vise Nétanyahou pour crimes de guerre à Gaza, sans conséquence pour son séjour à New York puisque Washington ne reconnaît pas la CPI. VG, de son côté, lit surtout dans ce discours une adresse à l'opinion israélienne, à quelques semaines des législatives : « une allocution de campagne électorale, en meilleure heure de grande écoute à la télévision israélienne ».
