ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur décrypte le discours de Nétanyahou comme une manœuvre de politique intérieure avant des élections israéliennes serrées, où l'attaque contre le maire de New York Zohran Mamdani vise surtout l'électorat national.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Nétanyahou a accusé le maire de New York Zohran Mamdani de « supporting the Hamas terrorist monsters » et d'« inciting riots against New York Jews », ce que l'élu a démenti mardi.
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Plus de 100 personnes, dont les actrices Susan Sarandon et Hannah Einbinder, ont été arrêtées lors d'un sit-in devant l'ONU organisé par Jewish Voice for Peace.
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Des dizaines de délégations, dont la Grande-Bretagne et la France, ont quitté la salle de l'Assemblée générale au début du discours de Nétanyahou.
ANALYSE
Kuala Lumpur, 25 septembre 2026. La presse malaisienne retient d'abord la portée intérieure du discours de jeudi prononcé par Benyamin Nétanyahou à la tribune des Nations unies. The Sun MY souligne que le Premier ministre israélien, « facing a difficult reelection campaign at home », s'est adressé à l'Assemblée générale en sachant qu'il allait « lash out at both enemies and allies that have crossed him in recent months », avant les élections. Le quotidien rappelle aussi qu'il devait évoquer le cas de l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, dont le fils, soldat, a été blessé lors d'une attaque à la voiture-bélier attribuée à un Palestinien en Cisjordanie occupée.
La cible la plus visible reste le maire de New York Zohran Mamdani, qui avait promis d'exécuter le mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre Nétanyahou si celui-ci se rendait dans la ville pour l'Assemblée générale — la CPI avait estimé en 2024 disposer de « reasonable grounds » de le juger responsable de crimes de guerre à Gaza, ce qu'il conteste. Mamdani a ensuite concédé n'avoir pas l'autorité pour un tel geste. Nétanyahou avait promis de « tell the truth about you », accusant Mamdani de « supporting the Hamas terrorist monsters » et d'« inciting riots against New York Jews » ; l'élu a répliqué mardi que « what the prime minister has said in that video is not true ». Le président palestinien Mahmoud Abbas, privé de visa par Washington, n'a pas assisté à la session.
Le Malay Mail met en avant ce qui s'est joué hors de la salle : dès l'ouverture du discours, des dizaines de délégations, dont celles de la Grande-Bretagne et de la France — accusées par Nétanyahou de « colonialism » pour avoir récemment reconnu l'État palestinien —, ont quitté l'hémicycle. Devant le siège de l'ONU, plus de cent personnes ont été arrêtées lors d'un sit-in organisé par Jewish Voice for Peace, parmi lesquelles les actrices Susan Sarandon et Hannah Einbinder ; les banderoles réclamaient « Stop Arming Israel » et « End the Genocide ». La police new-yorkaise a évoqué une manifestation non autorisée bloquant un carrefour, tandis que l'organisation revendiquait « over 400 people » rassemblées.
Pour la presse malaisienne, ces deux scènes — un chef de gouvernement en pleine campagne électorale et une rue new-yorkaise contenue par la police — composent un même tableau : un discours pensé d'abord pour l'opinion israélienne, plus que pour convaincre la salle qu'il a en partie désertée.
