ANGLE DOMINANT
Madrid retient surtout son propre geste face au discours de Netanyahou : des sièges vides à l'ONU, un Pedro Sánchez déjà à Harvard, et un mandat d'arrêt international resté sans exécution malgré l'appel du maire de New York.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La délégation espagnole n'a pas occupé ses sièges à l'Assemblée générale, reproduisant le boycott déjà observé en 2024 et en 2025.
- 02
Pedro Sánchez avait quitté New York pour Boston, où il a prononcé à Harvard un discours jugé par la presse espagnole particulièrement dur sur Gaza, avant l'intervention de Netanyahou.
- 03
La police de New York a arrêté plusieurs manifestants, dont l'actrice Susan Sarandon, pendant que le maire Zohran Mamdani réclamait l'exécution du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre Netanyahou.
ANALYSE
Madrid, 25 septembre 2026. La délégation espagnole n'a même pas eu besoin de sortir de la salle : elle n'y était pas. Comme en 2024 et en 2025, les sièges espagnols de l'Assemblée générale de l'ONU sont restés vides jeudi pendant le discours de Benyamin Netanyahou, qui a lancé aux délégations déjà en train de partir : « S'il y a d'autres lâches moraux qui ne se sont pas encore retirés de la salle, qu'ils le fassent maintenant ». Pedro Sánchez n'était pas non plus à New York : le chef du gouvernement avait rejoint Boston, où il a prononcé à Harvard un discours que la presse espagnole qualifie de particulièrement dur sur Gaza, quelques heures avant l'intervention du Premier ministre israélien.
Le geste espagnol s'inscrit dans un mouvement plus large de délégations parties au moment où Netanyahou prenait la parole, laissant de larges zones vides pendant l'un des discours les plus attendus de la semaine de haut niveau. Dans les tribunes, des soutiens portant kippa et épinglettes du drapeau israélien scandaient « Bibi, tu es la lumière de cette salle » et applaudissaient debout.
À l'extérieur du siège de l'ONU, la mobilisation a tourné à l'arrestation : la police new-yorkaise a interpellé plusieurs manifestants qui bloquaient la Première Avenue, dont l'actrice Susan Sarandon et Hannah Einbinder. Le maire Zohran Mamdani, qui avait réclamé l'arrestation de Netanyahou au nom du mandat émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité liés à l'offensive à Gaza, a précisé avoir étudié les voies légales disponibles, tout en reconnaissant que leur exécution dépendait des autorités fédérales, contrôlées par l'administration Trump.
La presse espagnole replace aussi le discours dans le calendrier électoral israélien, fixé au 27 octobre : le Comité électoral central a voté l'exclusion de partis à majorité palestinienne, Ra'am, la Liste unie et Balad, ainsi que deux candidats, une décision que la Cour suprême doit trancher avant le 4 octobre. Le documentaire NAZA, sur l'usage de l'intelligence artificielle par l'armée israélienne à Gaza, mis gratuitement en ligne par ses réalisateurs après la menace de Netanyahou de retirer la citoyenneté à ceux qui « diffament » l'armée, alimente le même débat intérieur.
SOURCES (3)
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
- ExpansiónMOYEN
