ANGLE DOMINANT
Mexico décrypte le discours de Netanyahou comme une opération de politique intérieure calée sur les législatives du 27 octobre, visant autant Mamdani que l'opinion israélienne, plus qu'un simple différend diplomatique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Netanyahou s'est rendu à New York « en pleine précampagne électorale israélienne pour les élections du 27 octobre prochain », selon El Informador.
- 02
Des dizaines de délégués ont quitté la salle à l'appel de la mission palestinienne ; le président de l'Assemblée, Khalilur Rahman, a réclamé « l'ordre dans la salle », rapporte Reforma.
- 03
Netanyahou a qualifié le maire de New York Zohran Mamdani d'« antisémite » après son appel à un mandat d'arrêt international contre lui pour crimes de guerre.
ANALYSE
Mexico, 25 septembre 2026. Devant une Assemblée générale de l'ONU aux rangs clairsemés, la presse mexicaine retient d'abord le calendrier électoral qui charpente le discours de Benjamin Netanyahou. El Informador souligne que le Premier ministre israélien s'est rendu à New York en pleine précampagne électorale israélienne pour les élections du 27 octobre prochain, et que son discours de près de 40 minutes visait autant l'opinion intérieure que l'auditoire onusien.
Le journal rapporte l'attaque frontale contre le maire de New York, Zohran Mamdani, qualifié d'« antisémite » après avoir réclamé un mandat d'arrêt international contre Netanyahou pour crimes de guerre. « Tu ne peux pas me faire taire. Tu ne peux pas faire taire la vérité », lui a répondu le dirigeant israélien, ajoutant qu'Israël n'avait pas commis de génocide à Gaza mais l'avait empêché en évitant que les « amis du Hamas » ne tuent « tous » les Israéliens. Il a aussi salué Donald Trump comme le « meilleur allié » de l'État hébreu, le remerciant pour son « courageux leadership ».
Reforma, de son côté, détaille la scène dans la salle : des dizaines de délégués ont quitté leur siège lorsque Netanyahou est monté à la tribune, répondant à l'appel de la mission palestinienne à un retrait collectif. Le président de l'Assemblée, Khalilur Rahman, a dû réclamer « l'ordre dans la salle ». Netanyahou a qualifié les délégués partants de « lâches moraux », affirmant qu'en se défendant, Israël défendait aussi « nombre des pays dont les délégués viennent de sortir », dont certains dirigeants le remercieraient en privé, selon lui, pour avoir éliminé « les armes nucléaires de l'Iran ». Il a présenté l'attaque contre l'Iran comme « une des décisions les plus faciles » de sa carrière.
La mission palestinienne avait justifié l'appel au boycott en dénonçant un message de complicité avec un « génocide et des crimes de guerre » qu'Israël nie, tout en maintenant que les colonies, jugées illégales par le droit international, sont légales selon son gouvernement. Le président Mahmoud Abbas s'était adressé plus tôt à l'Assemblée, privé de visa américain.
Pour la presse mexicaine, l'épisode se lit moins comme un affrontement diplomatique classique que comme un discours de campagne prononcé sur la scène mondiale, où l'estrade onusienne sert de tribune électorale intérieure autant que de plaidoyer international.
