ANGLE DOMINANT
Ottawa décrypte le discours de Benyamin Nétanyahou à l'ONU comme un exercice de politique intérieure israélienne autant qu'une diplomatie de tribune, noué autour de la querelle avec le maire de New York Zohran Mamdani et des élections à cinq semaines.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Nétanyahou a qualifié l'accusation de génocide de « the biggest lie of the century » et l'attaque contre l'Iran d'« one of the easiest decisions [he's] ever had to make » (CBC News).
- 02
Des dizaines de délégués ont quitté la salle à l'appel de la mission palestinienne ; Nétanyahou les a traités de « moral cowards » (CBC News, National Post).
- 03
Israël vote dans un peu plus d'un mois dans une course que Nétanyahou pourrait perdre, sur fond de querelle avec le maire de New York Zohran Mamdani, qu'il a qualifié d'« antisemitic » (Globe and Mail, National Post).
ANALYSE
Ottawa, 25 septembre 2026. La presse canadienne lit le discours de Benyamin Nétanyahou à l'Assemblée générale des Nations unies moins comme un plaidoyer diplomatique que comme le premier acte d'une campagne électorale israélienne jouée sur la scène internationale. National Post relève que le premier ministre, engagé dans une course serrée pour rester au pouvoir, a utilisé la tribune mondiale pour s'attaquer « from the leaders of Iran to New York's first Muslim mayor and partners Britain, France and Turkey ». The Globe and Mail va plus loin : la querelle avec le maire de New York Zohran Mamdani « highlights the Israeli leader's growing isolation ahead of elections at home that he may lose ».
Devant l'assemblée, Nétanyahou a qualifié l'accusation de génocide de « the biggest lie of the century », assurant qu'attaquer l'Iran fut « one of the easiest decisions [he's] ever had to make ». Il a traité de « moral cowards » les délégués sortis à l'appel de la mission palestinienne, les invitant même à quitter la salle s'ils ne l'avaient pas encore fait. CBC News rapporte que la salle s'est vidée dès qu'il a pris la parole, entre huées et applaudissements de son propre camp.
Le volet le plus suivi par les médias canadiens reste l'affrontement avec Mamdani. National Post cite Nétanyahou le qualifiant d'« antisemitic » et affirmant que « since you were elected mayor of this city, many Jews no longer feel safe ». The Globe and Mail rappelle que le gouvernement israélien a payé 500 panneaux publicitaires pro-Israël à Manhattan, l'un proclamant « Freedom doesn't defend itself. America and Israel stand together against terror », signé « Paid for by the State of Israel ». Mamdani, qui avait promis de faire arrêter Nétanyahou en vertu du mandat de la Cour pénale internationale avant de reconnaître ne pas en avoir l'autorité légale, avait décrit le premier ministre comme « the architect of a horrific genocide against Palestinians ».
À l'extérieur, la police de New York a arrêté des dizaines de manifestants, dont les actrices Susan Sarandon et Hannah Einbinder, cette dernière photographiée menottée en portant un t-shirt « fund people not bombs ». Le président palestinien Mahmoud Abbas, privé de visa américain, s'est adressé à l'assemblée par vidéo préenregistrée. Les médias canadiens soulignent enfin qu'Israël votera dans un peu plus d'un mois, scrutin vu comme un référendum sur la responsabilité de Nétanyahou dans les failles sécuritaires du 7 octobre 2023.
SOURCES (3)
- Globe and MailMOYEN
- National PostMOYEN
