ANGLE DOMINANT
Ankara dénonce les propos de Netanyahou, qui a traité Erdoğan de « tyran » devant une Assemblée générale désertée par des dizaines de délégations.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Netanyahou a qualifié Recep Tayyip Erdoğan de « tyran », l'accusant d'héberger des dirigeants du Hamas et de porter la responsabilité de morts de civils kurdes (Bianet).
- 02
Des dizaines de délégations ont quitté la salle de l'Assemblée générale dès que Netanyahou a pris la parole, le laissant s'adresser à un hémicycle largement vide (Daily Sabah).
- 03
La police de New York a interpellé des dizaines de manifestants devant le siège de l'ONU, dont l'actrice Susan Sarandon (Cumhuriyet).
ANALYSE
Ankara, 25 septembre 2026. À l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi, Benyamin Netanyahou a comparé l'accusation de génocide visant Israël au « plus grand mensonge du siècle », affirmant que son pays avait empêché un génocide à Gaza plutôt que de le commettre, citant la distribution de vivres et les campagnes de vaccination contre la polio. La presse turque relève d'abord la salle presque vide qui l'a accueilli : selon Daily Sabah, des dizaines de délégations ont quitté l'hémicycle dès que le Premier ministre israélien a pris la parole, le laissant s'adresser à un Genel Kurul largement déserté. Le média souligne que la visite, longue de moins de huit heures, tranche avec le séjour d'une semaine de l'an dernier : aucune rencontre avec Donald Trump, aucun entretien avec des dirigeants ouest-européens, et jusqu'à la rencontre prévue avec Elon Musk, annulée. L'ancien ambassadeur israélien à Washington Michael Oren y voit un coup dur pour Netanyahou à cinq semaines des législatives du 27 octobre ; son homologue Alon Liel juge n'avoir jamais vu visite aussi humiliante d'un Premier ministre israélien à l'ONU.
Bianet et BBC Turkish s'attardent, eux, sur les mots adressés à la Turquie. Netanyahou a rangé Ankara parmi les pays qui diffusent un discours hostile à Israël, qualifiant Recep Tayyip Erdoğan de « tyran », l'accusant d'héberger des dirigeants du Hamas, d'emprisonner journalistes et opposants, et de porter la responsabilité de morts de civils kurdes. Il lui a aussi reproché d'occuper illégalement le nord de Chypre et de viser la Syrie. Le Premier ministre israélien a par ailleurs traité de « lâches moraux » les délégués sortis, assuré qu'en frappant l'Iran, Israël protégeait aussi certains des pays partis, dont les dirigeants le remercieraient en privé, et qualifié cette attaque d'une des décisions les plus faciles de sa carrière.
Cumhuriyet documente en parallèle les manifestations devant le siège onusien, où la police new-yorkaise a interpellé des dizaines de personnes, dont l'actrice Susan Sarandon. Une porte-parole de Jewish Voice for Peace y a dénoncé un architecte du génocide à Gaza ; une élue municipale a qualifié Netanyahou de criminel de guerre. Daily Sabah rappelle aussi la joute avec le maire de New York Zohran Mamdani, traité d'antisémite par Netanyahou, qui répond qu'aucun mensonge ne fera disparaître le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale visant le dirigeant israélien pour crimes de guerre. La plainte pour génocide de l'Afrique du Sud reste pendante devant la Cour internationale de justice.
SOURCES (4)
- BBC TurkishMOYEN
- CumhuriyetMOYEN
