ANGLE DOMINANT
Brasília durcit son geste diplomatique face à Nétanyahou, resserrant son retrait de l'Assemblée générale de l'ONU pour marquer une condamnation plus lourde qu'en 2024, deux jours après l'accusation de génocide lancée par Lula depuis la même tribune.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La délégation brésilienne a quitté la plénière seulement après l'entrée de Nétanyahou dans la salle, contre un départ avant l'annonce en 2024, une différence lue par l'Itamaraty comme une condamnation plus lourde.
- 02
Nétanyahou a qualifié l'accusation de génocide de « plus grand mensonge du siècle » et affirmé qu'Israël avait empêché un génocide, citant vaccination contre la polio et alertes aux civils.
- 03
Deux jours avant le discours, le président Lula avait accusé à la même tribune le « gouvernement Nétanyahou » de génocide contre les femmes et les enfants de Gaza.
ANALYSE
Brasília, 25 septembre 2026. La mission du Brésil auprès des Nations unies a quitté la plénière de l'Assemblée générale jeudi, au moment où le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou prenait la parole, rejoignant des dizaines de délégations dans un geste que la diplomatie brésilienne présente comme plus sévère que celui de 2024. Selon une source de la mission citée par le G1, l'Itamaraty a cette fois demandé aux diplomates d'attendre que Nétanyahou soit annoncé et entre dans la salle avant de se lever, alors qu'en 2024 le départ avait précédé l'annonce elle-même - une différence lue par la diplomatie comme « une condamnation plus lourde ».
À la tribune, Nétanyahou a qualifié l'accusation de génocide à Gaza de « plus grand mensonge du siècle », affirmant : « Israel não cometeu genocídio. Israel impediu um genocídio. » Il a cité l'envoi de messages et de tracts pour alerter la population des zones de combat ainsi que les campagnes de vaccination contre la polio. Il a traité de « covardes morais » les délégations en train de quitter la salle, Brésil compris, avant même de commencer son discours.
L'épisode intervient deux jours après que le président Lula, à la même tribune mardi, a nommément accusé le « gouvernement Nétanyahou » de pratiquer un génocide contre les femmes et les enfants de Gaza, avant de rentrer au Brésil. Au moment du discours israélien, la délégation brésilienne présente n'était composée que de fonctionnaires de la mission : le chancelier Mauro Vieira se trouvait à un événement parallèle de soutien à l'UNRWA, organisé par le Brésil, la Jordanie et l'Espagne, où il a critiqué l'action de Tel-Aviv à Gaza. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres - déclaré persona non grata par Israël comme Lula lui-même - assistait au même événement plutôt qu'au discours.
Nétanyahou a par ailleurs accusé le maire de New York, Zohran Mamdani, d'antisémitisme, affirmant que les juifs « ne se sentent plus en sécurité » depuis son élection ; Mamdani avait plus tôt défendu l'exécution du mandat d'arrêt émis contre le Premier ministre par la Cour pénale internationale en 2024. L'ambassade d'Iran au Ghana a, elle, comparé Nétanyahou à Voldemort sur X, écrivant que « le seigneur des ténèbres a fait la morale au monde ».
SOURCES (3)
- G1 Globo MundoMOYEN
- UOL NotíciasMOYEN
- Folha MundoMOYEN
