ANGLE DOMINANT
Berlin retient avant tout la fin des tensions au sein de l'OTAN provoquées par des mois de pression de Donald Trump sur un allié, plus qu'un simple accord bilatéral entre Washington et Copenhague.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le texte doit être signé la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, avant un vote des parlements danois et groenlandais
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Mette Frederiksen qualifie l'accord de « gut für die NATO und für Europa » et affirme qu'il renforce la sécurité commune dans l'Arctique et l'Atlantique Nord
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Jens-Frederik Nielsen déclare que l'accord « nützt uns allen » et reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale du royaume ainsi que le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination
ANALYSE
Berlin, 19 septembre 2026. La presse allemande accueille avec soulagement l'annonce d'un accord entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland, présenté vendredi comme la sortie d'une crise qui avait fragilisé l'OTAN pendant des mois. La Tagesschau rappelle que les exigences et menaces répétées de Donald Trump sur l'île arctique avaient provoqué des tensions au sein de l'Alliance atlantique, entre un président américain qui n'excluait pas de recourir à la force pour s'emparer d'un territoire appartenant à un allié, et des capitales européennes inquiètes de voir un partenaire du Traité de l'Atlantique nord menacé d'annexion.
Le texte, qui doit être signé la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, avant d'être soumis aux parlements danois et groenlandais, accorde à Washington des droits d'accès, de stationnement et de survol permanents, ainsi que la possibilité d'accroître ses bases sur l'île. Il interdit à tout pays extérieur à l'OTAN - une allusion transparente à la Chine et à la Russie, présentées par Trump comme des rivaux cherchant à prendre le contrôle du territoire - d'y installer troupes ou infrastructures militaires sans l'aval américain.
Ce que retient particulièrement la presse allemande, citée par la FAZ et la Tagesschau, ce sont les mots choisis par la Première ministre danoise Mette Frederiksen, pour qui l'accord est « gut für die NATO und für Europa » - bon pour l'OTAN et pour l'Europe -, et renforce la sécurité commune dans l'Arctique et l'Atlantique Nord. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a de son côté insisté sur le fait que le texte « nützt uns allen » (profite à tous) et reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale du royaume ainsi que le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination, une formule que les deux dirigeants avaient répétée tout au long de la crise.
La ZEIT souligne toutefois un décalage : alors que Trump évoque sur Truth Social un « contrôle permanent » de la sécurité de l'île « sans aucun coût » pour les États-Unis, les versions danoise et groenlandaise mettent l'accent sur la préservation de la souveraineté plutôt que sur une cession de prérogatives. Reste, note la presse allemande, que l'annonce met fin à des mois de pressions sur un allié de l'OTAN de 56 000 habitants, après que Washington eut envisagé des droits de douane punitifs pour forcer une vente.
