ANGLE DOMINANT
Tallinn mesure dans l'accord Groenland-Washington un signal direct pour les pays de première ligne face à la Russie : verrouiller par contrat l'accès aux bases et aux investissements sensibles d'un territoire allié, pour en écarter Moscou et Pékin.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord interdit à tout pays extérieur à l'OTAN d'installer des bases militaires ou d'investir dans des secteurs sensibles au Groenland sans l'accord écrit de Washington.
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Un responsable anonyme du département d'État américain a précisé que l'accord resterait en vigueur même si le Groenland devenait indépendant du Danemark.
- 03
Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié l'accord d'« historique » et de « grande victoire » pour les États-Unis, selon Õhtuleht.
ANALYSE
Tallinn, 19 septembre 2026. La presse estonienne a suivi de près l'annonce faite vendredi soir par Donald Trump : un accord de sécurité entre Washington, Copenhague et Nuuk censé mettre fin à des mois de tensions nées des menaces répétées du président américain de placer le Groenland sous contrôle des États-Unis. Selon Õhtuleht, Trump affirme que l'accord donne aux États-Unis « le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins » de l'île, sans qu'il « en coûte rien » à Washington.
Le texte, dont le contenu précis n'a pas encore été publié selon la BBC citée par Õhtuleht, doit être signé la semaine prochaine pendant l'Assemblée générale des Nations unies, puis soumis aux procédures parlementaires nécessaires avant d'entrer en vigueur. Un responsable anonyme du département d'État américain a précisé que l'accord resterait valable même si le Groenland devait un jour accéder à l'indépendance vis-à-vis du Danemark, et que Washington pourrait construire de nouvelles installations militaires sans autorisation séparée de Copenhague ou de Nuuk.
Point que la presse estonienne met en avant : les pays extérieurs à l'OTAN ne pourront ni installer de bases militaires au Groenland, ni investir dans des secteurs jugés stratégiquement sensibles sans l'accord écrit de Washington, une clause présentée comme visant à empêcher toute présence russe ou chinoise sur l'île. ERR rappelle que l'accord de défense datant de 1951 donnait déjà à Washington le droit de stationner des troupes au Groenland, où plus d'une centaine de militaires américains sont déployés en permanence à la base de Pituffik.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a assuré que l'accord « renforce la sécurité dans l'Arctique et l'Atlantique Nord » tout en reconnaissant « la souveraineté du royaume du Danemark » et « le droit des Groenlandais à disposer d'eux-mêmes ». Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen l'a qualifié de « bonne nouvelle », tenant compte selon lui des intérêts de l'île. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio l'a décrit comme « historique » et comme « une grande victoire » pour les États-Unis.
La presse estonienne relève aussi l'intérêt économique de l'île : ses importantes réserves encore peu exploitées de terres rares, utilisées notamment pour les téléphones portables, les véhicules électriques et les technologies de pointe, ainsi que son rôle dans le projet américain de bouclier antimissile Golden Dome.
